Une sagesse sans Sinaï, un manuel égyptien et la Sagesse d’avant le monde
Un livre qui ne parle ni d’Israël, ni de l’alliance, ni de l’exode, et dont trente versets reprennent presque mot pour mot un manuel scolaire égyptien. Les sages ont envisagé de le retirer parce que ses sentences se contredisent, et ils l’ont gardé. Mishlei pose ainsi la question de la sagesse : d’où vient ce qui s’apprend par l’observation du monde, et en quoi est-ce une révélation ?
1. Le livre
Le nom.מִשְׁלֵי, Michlei, d’après l’incipit « proverbes de Salomon ». Le machal est à la fois la sentence, la comparaison et le dicton ; la racine signifie « être semblable » et, dans une autre acception, « gouverner ».
La structure. Trente et un chapitres, en plusieurs recueils que le livre lui-même distingue par des titres.
Ch. 1-9 : discours d’un père à son fils et poèmes sur la Sagesse personnifiée, qui appelle sur les places et qui était auprès de Dieu avant la création (8,22-31).
Ch. 10-22,16 : « proverbes de Salomon », sentences brèves, le plus souvent en deux membres antithétiques.
Ch. 22,17-24,22 : « paroles des sages », section qui présente le parallèle égyptien.
Ch. 25-29 : proverbes de Salomon « que les gens d’Ézéchias, roi de Juda, ont transcrits » — une note d’édition à l’intérieur du livre.
Ch. 30 : paroles d’Agour, avec ses énigmes numériques.
Ch. 31 : paroles de Lemouel, apprises de sa mère, puis le poème alphabétique de la « femme de valeur ».
L’attribution. Salomon, d’après 1 R 5,12, « prononça trois mille proverbes ». b. Baba Batra 15a attribue la mise par écrit à « Ézéchias et son collège », ce que le titre du chapitre 25 confirme.
Une sagesse sans Israël Le livre ne nomme ni Abraham, ni Moïse, ni le Sinaï, ni le Temple. Il ne mentionne ni sacrifice obligatoire, ni chabbat, ni fête. Ses destinataires sont un « fils » et un « jeune homme sans expérience » ; ses garanties sont l’observation, l’expérience et la crainte de Dieu. Cette universalité explique à la fois son succès hors d’Israël et la question que la tradition a dû résoudre : à quel titre un tel livre est-il Écriture ?
Passages principaux
Les passages de Mishlei qui font l’objet d’un sous-module transversal, avec les autres livres où ils reviennent. Voir l’index des passages.
La Septante. Le grec des Proverbes est très libre : il ajoute des sentences entières, en omet d’autres, et modifie l’ordre des chapitres 24 à 31. Le traducteur connaît la poésie grecque et sa langue s’en ressent. Les Proverbes sont, avec Job, le livre où la Septante s’éloigne le plus de l’hébreu.
Qumrân. Deux manuscrits fragmentaires, 4QProva et 4QProvb, suivent globalement le texte massorétique. Le livre est peu représenté, alors que la littérature de sagesse propre à la communauté est abondante (4QInstruction).
Le targum. Le targum des Proverbes est un cas unique : il est étroitement apparenté à la Peshitta syriaque, au point que la plupart des chercheurs le tiennent pour une adaptation de celle-ci en araméen, et non pour un targum de type juif classique. Le dossier intéresse l’histoire des rapports entre juifs et chrétiens de langue syriaque.
3. Le dossier historico-critique
Amenemopé. En 1923, Adolf Erman rapproche Pr 22,17-24,22 de l’Enseignement d’Amenemopé, manuel égyptien conservé sur un papyrus du British Museum et composé entre le XIIe et le VIIe siècle. Les correspondances sont nombreuses et suivies : trente « chapitres » égyptiens, et un verset hébreu qui parle de « trente » sentences (Pr 22,20, selon la lecture chalichim corrigée en chelochim) ; l’interdiction de déplacer la borne du champ ; l’avertissement contre la richesse qui « se fait des ailes » ; la préférence pour peu avec la justice. Trois explications : emprunt hébreu à l’égyptien, emprunt inverse, ou dépendance commune à un fonds sémitique. La première domine largement.
Les autres parallèles. Les sagesses mésopotamiennes — Conseils de sagesse, Ahiqar, connu en araméen dès le Ve siècle par les papyrus d’Éléphantine — présentent des formes voisines. Le livre appartient à un genre international.
La datation. Les recueils de sentences peuvent être anciens ; les chapitres 1-9, plus construits et plus théologiques, sont généralement tenus pour postexiliques. Le livre a donc grandi par blocs, ce que ses propres titres laissent voir.
La Sagesse personnifiée. En Pr 8, la Sagesse parle à la première personne : elle a été « acquise » ou « engendrée » (qanani, 8,22) au commencement des voies de Dieu, elle assistait à la création, elle était « à jouer » devant lui. La question du sens de qanani et du mot amon (8,30 : artisan, nourrisson, ou fidèle) a occupé les exégètes juifs et chrétiens, et le chapitre est devenu l’un des textes les plus disputés de la Bible (voir la section 8).
4. La lecture
Mishlei n’a pas de lecture publique propre. Sa présence dans la vie juive passe par d’autres voies.
La « femme de valeur » (Echet hayil, Pr 31,10-31) est chantée le vendredi soir avant le repas dans de nombreuses communautés, usage attesté à partir de la kabbale de Safed, où le poème est lu aussi comme un chant à la Chekhina.
« Un arbre de vie pour ceux qui la saisissent » (Pr 3,18) est chanté lorsqu’on range le rouleau dans l’arche.
Les versets de Pr 3 et 4 figurent dans les prières du matin et dans les bénédictions de la Torah.
Le deuil. L’usage de lire Mishlei dans la maison d’un endeuillé, ou de l’étudier pour un défunt, est attesté dans plusieurs rites.
5. La parshanut
Saadia Gaon écrit sur les Proverbes un commentaire en arabe, intitulé « le livre de la recherche de la sagesse ». Rachi commente brièvement et rapporte le midrash. Ibn Ezra s’attache à la grammaire et à la logique des sentences. Ralbag tire du livre une éthique philosophique. Le Gaon de Vilna écrit un commentaire dense, très lu dans le monde des yeshivot, qui traite chaque verset comme un principe de conduite.
Le débat sur Pr 8. Les commentateurs juifs identifient la Sagesse à la Torah : elle est l’instrument par lequel le monde a été créé, ce que dit déjà le midrash. Ils précisent que qanani signifie « m’a acquise » et non « m’a créé », et que le verset ne suppose donc aucune hypostase engendrée. Cette précision est dirigée contre la lecture chrétienne, qui lisait dans le grec ἔκτισέν με, « il m’a créé », et l’appliquait au Fils.
6. Midrash et halakha
Le livre qu’on voulut cacher. « Le livre des Proverbes aussi, on voulut le cacher, parce que ses paroles se contredisent l’une l’autre. Et pourquoi ne l’a-t-on pas caché ? On a dit : le livre de Qohelet, ne l’a-t-on pas examiné et n’y a-t-on pas trouvé de solution ? Ici aussi, examinons » (b. Chabbat 30b). La contradiction citée est celle de Pr 26,4-5 : « ne réponds pas au sot selon sa folie » et, au verset suivant, « réponds au sot selon sa folie ». Le Talmud résout : l’un vaut pour les paroles de Torah, l’autre pour les propos ordinaires.
Un recueil interprété.Avot de-Rabbi Nathan A 1 range les Proverbes parmi les livres qui furent « cachés » jusqu’à ce que les hommes de la Grande Assemblée les interprètent. Le livre est donc reçu en même temps que sa règle de lecture.
La Sagesse comme Torah.Bereshit Rabba 1,1 lit Pr 8,30 pour expliquer Gn 1,1 : Dieu a regardé dans la Torah et créé le monde, comme un architecte consulte son plan. Le midrash le plus célèbre de la littérature rabbinique se fonde ainsi sur un verset de Mishlei.
Les normes tirées du livre. Elles sont rares mais réelles :
« Ne dis pas à ton prochain : va, reviens demain, et je donnerai, alors que tu as de quoi » (Pr 3,28) sert à fixer l’obligation de payer le salarié sans délai ;
Pr 22,28, sur la borne déplacée, est invoqué contre l’empiétement et, par extension, contre le fait de changer les usages reçus ;
Pr 31,10-31 a servi de cadre aux développements sur les devoirs des époux ;
Pr 3,17, « ses voies sont des voies agréables », fonde le principe d’interprétation selon lequel la Torah ne peut pas exiger l’inhumain — argument employé en halakha, par exemple sur la manière de conduire un deuil ou d’imposer une rigueur excessive.
La sagesse des nations. La tradition reconnaît une sagesse hors d’Israël : « si l’on te dit qu’il y a de la sagesse chez les nations, crois-le ; qu’il y a de la Torah chez les nations, ne le crois pas » (Eikha Rabba 2,13). La distinction règle le statut d’un livre comme Mishlei et celui de ses parallèles égyptiens.
7. Réception chrétienne et sa critique
Passage
Lecture chrétienne
Lecture juive
Effets et état du dossier
Pr 8,22-31
La Sagesse est le Christ préexistant. La Septante traduit qanani par « il m’a créé », ce qui devient l’argument central des ariens : si le Fils est la Sagesse et que la Sagesse est créée, le Fils est créé
La Sagesse est la Torah, « acquise » avant le monde ; qanani signifie l’acquisition, non la création
Le verset est au cœur de la crise arienne du IVe siècle ; Athanase lui consacre de longs développements. Les commentateurs juifs médiévaux insistent sur le sens de la racine, contre la lecture christologique
Pr 31,10-31
Lu comme figure de l’Église, épouse du Christ, dans l’exégèse allégorique
Chanté au foyer le vendredi soir ; lecture allégorique de la Chekhina dans la kabbale
Les deux traditions allégorisent le même poème, l’une vers l’Église, l’autre vers la présence divine
Pr 25,21-22
« Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger », cité en Rm 12,20, souvent présenté comme l’annonce de l’amour des ennemis propre à l’Évangile
Verset du livre même, repris dans la morale rabbinique
L’opposition entre une loi juive de rétribution et une éthique chrétienne du pardon est démentie par ce verset et par Lv 19,18
La mahloket
La sagesse est-elle une révélation ?
Mishlei enseigne par l’observation du monde, sans Sinaï ni alliance, et une de ses sections reprend un manuel égyptien. La tradition en a pourtant fait un livre saint et l’a identifié à la Torah. La question posée aux sept voix : la sagesse acquise par l’expérience relève-t-elle de la révélation, et que faire de la sagesse des nations ?
Le Beit Midrash classique
La distinction est ancienne : il y a de la sagesse chez les nations, il n’y a pas de Torah chez les nations (Eikha Rabba 2,13). La sagesse est un bien commun de l’humanité, et Israël peut le recevoir. Mais la Sagesse de Pr 8 est la Torah elle-même, par laquelle le monde a été créé (Bereshit Rabba 1,1). Le livre tient les deux : il enseigne une sagesse universelle, et il la rattache à la crainte de Dieu, « commencement de la connaissance » (1,7).
Orthodoxie moderne
Le parallèle avec Amenemopé ne fait pas difficulté. La Torah a été donnée dans une langue et un monde ; elle emploie des formes littéraires de son temps, y compris étrangères, et les oriente. Maïmonide dit la même chose des sacrifices. L’orthodoxie moderne enseigne ces parallèles, parce que voir ce que le texte reprend permet de voir ce qu’il change : ici, la crainte de Dieu remplace Maât comme principe d’ordre du monde.
Monde haredi et litvak
Le livre est Écriture, et sa sagesse est la Torah. On l’étudie avec le Gaon de Vilna, verset par verset, comme une éthique de la conduite. La sagesse dont il s’agit n’est pas la philosophie des nations : c’est la connaissance de ce que Dieu veut, acquise par la crainte. Quant aux parallèles égyptiens, ils ne changent rien à l’autorité du texte reçu, et l’étude n’a pas besoin d’eux.
Hassidisme
La Sagesse de Pr 8 est, pour la kabbale, la seconde sefira, Hokhma, point d’origine d’où tout procède. « Le commencement de la sagesse est la crainte » se lit alors comme un itinéraire : la crainte est la porte, la sagesse est le degré. Le hassidisme ajoute que la sagesse n’est pas une accumulation de sentences mais un éclair qui vient d’en haut et que l’étude prépare.
Massorti
Mishlei appartient à un genre international documenté d’Égypte à la Mésopotamie, et le reconnaître est le premier acquis de l’étude comparée. La sagesse y est une connaissance d’expérience, transmise par des scribes, et elle a été intégrée au canon parce que la tradition a su la rattacher à la crainte de Dieu. La révélation, dans cette perspective, ne s’oppose pas à l’expérience humaine : elle en assume une part et la juge.
Réformé et libéral
Le judaïsme réformé se reconnaît dans un livre qui parle à tout homme, sans rites ni frontières. La sagesse y est éthique et universelle, et son universalité n’affaiblit pas la Torah : elle en manifeste la portée. Que trente versets viennent d’Égypte prouve que la vérité peut venir d’ailleurs et être reçue, ce qui est précisément la position du mouvement sur les savoirs profanes.
Monde séfarade et mizrahi
Saadia, en Égypte et à Bagdad, a commenté Mishlei comme un livre de recherche de la sagesse, et il distinguait les commandements que la raison découvre de ceux qui sont seulement révélés. Maïmonide a poursuivi. Dans cette perspective, la sagesse de Mishlei relève de ce que la raison peut atteindre, et sa présence dans le canon signifie que la Torah confirme et ordonne ce que la raison trouve. La sagesse des nations n’est pas une menace : elle est une part de la même vérité.
Où en est la discussion
Aucune voix n’oppose la sagesse et la révélation. La voix classique distingue la sagesse, commune aux nations, et la Torah, propre à Israël, tout en identifiant la Sagesse de Pr 8 à la Torah. L’orthodoxie moderne et la voix massorti assument le genre international et lisent les emprunts comme des reprises orientées. La voix haredi refuse que l’origine d’une forme décide de l’autorité du texte. Le hassidisme fait de la sagesse une sefira et un don. La voix réformée tire de l’emprunt égyptien un argument d’universalité. La voix séfarade, avec Saadia et Maïmonide, articule raison et révélation. Justin retrouve dans cette articulation le schéma que la scolastique latine a emprunté aux penseurs juifs.
Hypothèses de travail — mémoire et thèse
Cinq pistes formulées de manière falsifiable. Mishlei est le livre biblique dont les parallèles extérieurs sont les mieux documentés.
H1. Le sens de la dépendance à Amenemopé
Doctorat
Égyptologie / exégèse
4-5 ans
Hypothèse. Pr 22,17-24,22 dépend d’une version d’Amenemopé et non l’inverse, et les divergences se concentrent aux points où la théologie de Maât est remplacée par la crainte du Seigneur.
État de la question
La dépendance hébraïque est majoritaire depuis Erman ; une minorité défend encore l’hypothèse inverse ou une source commune.
Comparer l’ordre des unités, les formules et les points de divergence théologique.
Ce qui la réfuterait : Des traits égyptiens explicables par un emprunt à l’hébreu ou une source sémitique attestée.
H2. Le targum des Proverbes et la Peshitta
Doctorat
Études targumiques
3-4 ans
Hypothèse. Le targum des Proverbes dérive de la Peshitta syriaque et non d’une tradition targumique juive, ce que confirment ses accords avec des leçons propres au syriaque, y compris contre l’hébreu.
État de la question
La thèse est majoritaire depuis les travaux de Noeldeke et de Weiss ; la direction de l’emprunt est encore discutée.
Corpus
Targum des Proverbes ; Peshitta ; texte massorétique ; Septante.
Méthode
Relever les accords exclusifs entre targum et Peshitta contre l’hébreu.
Ce qui la réfuterait : Des accords exclusifs entre targum et hébreu contre la Peshitta en nombre comparable.
H3. Pr 8,22 dans la crise arienne
Master
Patristique / histoire de l’exégèse
12-18 mois
Hypothèse. L’argument arien tiré de Pr 8,22 repose entièrement sur la traduction grecque, et les réponses d’Athanase n’invoquent jamais le sens de l’hébreu, faute d’accès au texte.
État de la question
Le dossier est connu ; le point d’accès à l’hébreu mérite une vérification systématique.
Corpus
Pr 8,22 dans la Septante, l’hébreu, Aquila et Symmaque ; Athanase, Contre les ariens II ; Eusèbe ; commentaires juifs médiévaux.
Méthode
Relever les arguments philologiques employés par chaque partie.
Ce qui la réfuterait : Un recours explicite à l’hébreu chez un auteur du IVe siècle.
H4. Pr 26,4-5 comme règle d’interprétation
Master
Littérature rabbinique
12-18 mois
Hypothèse. La solution donnée en b. Chabbat 30b aux versets contradictoires devient un modèle de résolution appliqué ailleurs, et les sugyot qui l’emploient forment une série identifiable.
État de la question
Le passage est célèbre ; l’emploi du modèle ailleurs n’a pas été recensé.
Corpus
b. Chabbat 30b ; sugyot sur les contradictions scripturaires ; Bereshit Rabba ; règles herméneutiques.
Méthode
Recenser les cas où deux versets contradictoires sont répartis selon deux domaines d’application.
Ce qui la réfuterait : Un modèle de résolution dominant différent dans les autres cas.
H5. Echet hayil le vendredi soir
Master
Liturgie
12-18 mois
Hypothèse. L’usage de chanter Pr 31,10-31 à l’entrée du chabbat naît dans la kabbale de Safed au XVIe siècle et se diffuse par les rituels imprimés, sans attestation antérieure.
État de la question
L’origine safedienne est admise ; la chronologie de la diffusion n’est pas établie.
Corpus
Rituels imprimés des XVIe-XVIIIe siècles ; écrits de l’école de Louria ; livres de coutumes ashkénazes et séfarades.
Méthode
Dater la première attestation dans chaque rite.
Ce qui la réfuterait : Une attestation de l’usage antérieure au XVIe siècle.
Bibliographie sélective
Commentaires
Clifford, Richard J. Proverbs. OTL. Louisville : Westminster John Knox, 1999.
Fox, Michael V. Proverbs. AB 18A et 18B. New York : Doubleday, 2000-2009.
Lelièvre, André, et Alphonse Maillot. Commentaire des Proverbes. LD. Paris : Cerf, 1993-2000.
Études
Erman, Adolf. « Eine ägyptische Quelle der Sprüche Salomos ». SPAW (1924) : 86-93.
Hurowitz, Victor Avigdor. « The Seventh Pillar: Reconsidering the Literary Structure and Unity of Proverbs 31 ». ZAW 113 (2001) : 209-218.
Lichtheim, Miriam. Ancient Egyptian Literature, vol. 2. Berkeley : University of California Press, 1976.
Weeks, Stuart. Early Israelite Wisdom. Oxford : Clarendon, 1994.