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Orientation — Module II

Les cinq livres de la Torah

Présentation de chaque livre et explication des passages les plus commentés

Cinq livres, cinquante-quatre parashiyot, un cycle annuel qui s’achève et recommence le même jour. Ce module présente chacun des cinq livres et explique les passages qui font l’objet du plus grand nombre de commentaires — non pas les plus célèbres, mais ceux dont la tradition n’a jamais cessé de discuter.

Un livre ou cinq ? La Torah est un rouleau et cinq livres. Le nom grec Πεντάτευχος — « cinq étuis » — désigne les cinq rouleaux dans lesquels on rangeait la copie ; l’hébreu dit Hamisha Houmshei Torah, « les cinq cinquièmes de la Torah », formule qui maintient l’unité. La division en chapitres et versets est chrétienne : Étienne Langton vers 1205 pour les chapitres, Robert Estienne en 1551 pour les versets. Les éditions juives l’ont adoptée par commodité de référence, par-dessus une division propre en parashiyot ouvertes et fermées, celle-là très ancienne et notée dans les manuscrits.

Bereshit — les commencements

Onze premiers chapitres sur l’humanité entière, trente-neuf sur une seule famille. Le livre passe du cosmos au clan, et cette réduction est délibérée.

PassageCe qu’il ditCe que la tradition en discute
Gn 1 — la création en six joursPar la parole ; l’humain créé en dernier, « à notre image », mâle et femelleLe pluriel « faisons » : conseil des anges, pluriel de majesté, ou adresse à la terre ? Rachi, Ibn Ezra et Ramban en donnent trois réponses. La notion d’image — physique, intellectuelle, ou capacité de choix
Gn 2-3 — le jardinL’homme formé de glaise, la femme tirée du côté, l’arbre, le serpent, l’expulsionIl n’y a pas de « chute » au sens d’une corruption de nature transmise : la faute a des conséquences réelles sans changer ce qu’est l’homme. L’homme naît avec deux penchants et choisit
Gn 6-9 — le délugeDestruction et alliance avec Noé ; l’arc dans la nuéeC’est la première alliance, et elle est universelle. Les sept commandements noahides en sont tirés : une norme pour toute l’humanité, sans conversion
Gn 12,1-3 — l’appel« Va pour toi, hors de ton pays… et tu seras une bénédiction »Lekh lekha : « va-t’en » ou « va vers toi-même » ? Les deux lectures coexistent et la seconde est hassidique
Gn 18,16-33 — le marchandageAbraham négocie le salut de Sodome, de cinquante justes à dixLe seul passage où un homme discute une décision divine et l’infléchit. Contraste constamment relevé avec Gn 22, où Abraham ne discute pas
Gn 22 — l’AqedaLa ligature d’IsaacVoir le module Bereshit, où ce passage fait l’objet de la mahloket
Gn 32,25-33 — la lutteJacob lutte toute la nuit et reçoit le nom d’IsraëlQui est l’adversaire ? Un ange, un homme, Ésaü, lui-même ? Le texte dit « un homme » et le nom donné signifie « il a lutté avec Dieu »

Chemot — la sortie et l’alliance

Le livre se divise nettement : quinze chapitres de récit — oppression, Moïse, plaies, mer —, puis vingt-cinq de législation et de construction du sanctuaire, avec au milieu la rupture du veau d’or.

PassageCe qu’il ditCe que la tradition en discute
Ex 3,14 — le Nomאֶהְיֶה אֲשֶׁר אֶהְיֶה, ehyé asher ehyéLa forme est un inaccompli : « je serai ce que je serai », « je suis qui je suis », « je serai avec qui je serai ». La Septante traduit par l’être — ὁ ὤν — et ouvre toute la métaphysique occidentale. Rachi lit une promesse de présence : je serai avec eux dans cette détresse comme dans les autres
Ex 12 — la PâqueL’agneau, le sang sur les linteaux, les pains sans levainPremier commandement donné à Israël comme peuple : la fixation du calendrier. « Ce mois sera pour vous le premier »
Ex 20 — le DécalogueDix parolesLe découpage en dix varie selon les traditions ; la numérotation juive fait du prologue « je suis le Seigneur ton Dieu » la première parole, ce qu’aucune tradition chrétienne ne fait. Deux versions, ici et en Dt 5, divergentes sur le motif du chabbat
Ex 32-34 — le veau et le pardonLa rupture, les tables brisées, l’intercession de Moïse, les secondes tablesEx 34,6-7 énonce les treize attributs de miséricorde, récités à chaque office des jours redoutables et lors de l’ouverture de l’arche. C’est le texte liturgique le plus employé de la Torah
Ex 25-40 — le sanctuairePlans, matériaux, exécution, répétés deux foisLa répétition intégrale a intrigué tous les commentateurs. Les trente-neuf travaux interdits le chabbat en sont dérivés

Vayiqra — le culte et la sainteté

Le livre le moins lu hors des yeshivot et le premier enseigné aux enfants dans la tradition ancienne — parce qu’il traite de la pureté, disait le midrash, et que les purs doivent commencer par les choses pures.

PassageCe qu’il ditCe que la tradition en discute
Lv 1-7Les cinq types d’offrandesMaïmonide soutient dans le Guide III, 32 que le sacrifice est une concession pédagogique aux usages du temps. Nahmanide le réfute vivement. Le débat n’est pas clos
Lv 11Les animaux permis et interditsAucune raison n’est donnée. La tradition y voit le type même du hoq — décret sans motif énoncé —, et les explications par l’hygiène sont modernes et étrangères au texte
Lv 16Le rite de Yom Kippour, les deux boucs, l’entrée dans le saint des saintsAprès 70, ce chapitre devient récit liturgique : on décrit le service disparu au lieu de l’accomplir. C’est le cœur de l’office du Grand Pardon
Lv 19« Soyez saints » ; « tu aimeras ton prochain comme toi-même » (19,18)Rabbi Akiva : « c’est un grand principe de la Torah ». Ben Azzaï lui objecte que Gn 5,1 — « c’est le livre des engendrements de l’humain » — est un principe plus grand, parce qu’il vaut pour tous et non pour le prochain seul. La controverse est rapportée sans être tranchée
Lv 25Année sabbatique et jubilé ; « la terre est à moi »Fonde le heter mekhira et tout le dossier contemporain de la shemita

Bamidbar — le désert

Le nom hébreu signifie « dans le désert » ; le grec dit « Nombres », d’après les deux recensements. Le livre raconte une génération qui n’arrive pas.

Nb 13-14, les explorateurs. Douze hommes reconnaissent le pays ; dix rapportent qu’il est imprenable. Le peuple refuse de monter et la génération est condamnée à mourir au désert. L’épisode est daté par la tradition du 9 Av, jour où seront détruits les deux Temples — construction mémorielle qui fait de ce refus la matrice de toutes les catastrophes ultérieures.

Nb 16, Qorah. La révolte pose une objection qui n’est jamais réfutée sur le fond : « toute la communauté est sainte, pourquoi vous élevez-vous ? » La réponse est un jugement, non un argument. Les commentateurs relèvent la difficulté ; la Mishna (Avot 5,17) en fait le type de la controverse qui n’est pas pour le ciel, par opposition à celle de Hillel et Shammaï.

Nb 19, la vache rousse. Le rite purifie l’impur et rend impur celui qui l’accomplit. Le midrash fait dire à Salomon qu’il a compris toute la Torah sauf cela. C’est le hoq par excellence, et le passage le plus cité pour établir qu’une prescription peut n’avoir aucune raison accessible.

Nb 15,37-41, les tsitsit. Troisième paragraphe du Chema, récité deux fois par jour. Le commandement des franges y est motivé : les voir pour se souvenir.

Devarim — le discours

Le livre entier, ou presque, est un discours de Moïse avant sa mort. Son hébreu, son vocabulaire et sa théologie se distinguent nettement des quatre autres, et il est au centre du dossier critique le plus ancien de la recherche biblique.

PassageCe qu’il ditCe que la tradition en discute
Dt 6,4-9 — le Chema« Écoute Israël, le Seigneur notre Dieu, le Seigneur est un »Le verset le plus récité du judaïsme ; prononcé au coucher, au lever, et par les martyrs. La traduction de ehad — « un » ou « seul » — est discutée, et la lecture unitaire a été mobilisée dans les controverses médiévales contre la Trinité
Dt 12Un seul lieu choisi pour le sacrificeCentralisation du culte ; point de départ de l’hypothèse reliant le livre à la réforme de 622 (2 R 22)
Dt 18,15-22« Un prophète comme moi » ; critère du vrai et du faux prophèteLe critère donné est la réalisation — ce qui est inutilisable sur le moment. Passage massivement mobilisé par la polémique chrétienne, qui y lit une annonce du Christ
Dt 28Bénédictions et malédictions ; les secondes sont beaucoup plus longuesLues à voix basse et rapide dans l’usage synagogal. La théologie de la rétribution qu’elles portent est celle que Job conteste
Dt 30,11-14« Elle n’est pas dans le ciel »Verset invoqué dans le récit du four d’Akhnaï pour écarter la voix céleste : l’autorité interprétative appartient aux sages
Dt 34La mort de MoïseQui a écrit les huit derniers versets ? Le Talmud (b. Baba Batra 15a) rapporte deux avis : Josué, ou Moïse en pleurant. La question est posée dans la tradition, bien avant la critique

Le cycle de lecture. Cinquante-quatre parashiyot, regroupées certaines années pour tenir dans le calendrier. Le cycle s’achève à Simhat Torah par la mort de Moïse, et l’on enchaîne immédiatement sur Gn 1 : le rouleau ne se referme jamais. Un cycle triennal palestinien, avec cent cinquante-quatre sedarim, a existé et disparu ; les fragments de la Genizah en conservent la trace, et plusieurs communautés massorties l’ont repris au XXe siècle.

La mahloket

Six cent treize commandements : d’où vient le compte ?

Le chiffre est universellement connu et il ne figure nulle part dans la Torah. Il apparaît dans une homélie talmudique (b. Makkot 23b) attribuée à Rabbi Simlaï — deux cent quarante-huit prescriptions comme les membres du corps, trois cent soixante-cinq interdits comme les jours de l’année. La question est de savoir ce qu’un tel compte fait, et ce qu’il suppose.

Le Beit Midrash classique

Le propos de Rabbi Simlaï est homilétique et son contexte l’indique : il enchaîne aussitôt en disant que David les a ramenés à onze, Isaïe à six, Michée à trois, et Habaquq à un seul — « le juste vivra par sa foi ». Le chiffre sert donc à être réduit, ce qui est le contraire d’un inventaire. Aucune liste n’accompagne l’énoncé, et aucune n’est demandée.

Orthodoxie moderne

La liste a bien été dressée, plusieurs fois, et les listes ne coïncident pas. Maïmonide en établit une dans le Sefer ha-Mitsvot, précédée de quatorze règles de méthode ; Nahmanide la critique point par point ; le Sefer ha-Hinoukh en propose une autre, ordonnée selon les parashiyot. Le fait que le total soit stable et son contenu variable est instructif : le chiffre est reçu, l’inventaire est discuté. Cela dit quelque chose de la manière dont une tradition traite ses propres nombres.

Monde haredi et litvak

Le compte n’est pas une curiosité mais un objet d’étude. Le Minhat Hinoukh travaille chaque commandement avec la rigueur qu’on applique à une sugya. Il faut par ailleurs rappeler une donnée que l’on oublie : une majorité substantielle des six cent treize ne peut pas être accomplie aujourd’hui — tout ce qui dépend du Temple, du sacerdoce, de la terre d’Israël en régime de pureté. Le compte décrit une situation qui n’existe plus, et l’étude de ces commandements tient lieu de leur accomplissement.

Hassidisme

Le nombre importe moins que ce qu’il indique : chaque membre du corps et chaque jour de l’année sont rattachés à une obligation, c’est-à-dire que rien n’est laissé hors du service. C’est le sens de l’homélie et non son arithmétique. Le Tanya travaille cette correspondance entre les commandements et la structure de l’âme : accomplir n’est pas exécuter une clause, c’est mettre en rapport une partie de soi avec sa source.

Massorti

Historiquement, le compte est tardif et il répond à un besoin de systématisation qui n’est pas celui de la Torah elle-même. Cela ne le disqualifie pas : les traditions ont le droit d’organiser leur matière. Mais il faut en tirer la conséquence que l’obligation ne se mesure pas au dénombrement, et que la question pratique — que suis-je tenu de faire aujourd’hui ? — ne se règle pas par une liste médiévale mais par la halakha vivante et par ses instances.

Réformé et libéral

Le mouvement ne tient pas les six cent treize pour contraignants et il le dit. Ce qui reste est un critère de discernement : les commandements qui concernent le rapport à autrui et à la justice obligent, ceux qui relèvent d’un système rituel dépassé n’obligent plus, et c’est à la conscience informée de faire le départ. La difficulté de cette position est connue et elle est réelle — elle transfère à l’individu une charge que la tradition avait confiée à une instance.

Monde séfarade et mizrahi

Le Sefer ha-Mitsvot de Maïmonide est un ouvrage séfarade, écrit en arabe à Fustat, et les listes qui ont fait autorité viennent de cette aire. Il faut ajouter un usage propre : les azharot, poèmes liturgiques énumérant les commandements, récités à Chavouot dans plusieurs rites — Ibn Gabirol en a composé. Le compte y devient chant. C’est probablement l’usage le plus répandu qu’en ait fait le peuple juif, bien avant les traités.

Où en est la discussion

Trois acquis. Le chiffre est homilétique et son contexte immédiat le réduit à un — donnée que l’usage courant efface systématiquement, et que Justin reconnaît valoir aussi pour l’usage chrétien du double commandement. Le total est stable et les listes divergent : le nombre précède l’inventaire, situation que la voix orthodoxe moderne rapproche justement du nombre des sacrements. Une majorité des six cent treize est inapplicable depuis 70, ce qui prive de son objet la polémique chrétienne classique sur le fardeau de la Loi — reproche construit, comme le note la voix massorti, sur un nombre mal lu.

Hypothèses de travail — mémoire et thèse

Sept pistes formulées de manière falsifiable, centrées sur les passages et sur leurs usages plutôt que sur les questions générales de composition, traitées ailleurs.

H1. Les listes des six cent treize : mesurer les divergences

  • Master
  • Halakha / histoire des doctrines
  • 12-18 mois

Hypothèse. Les principales listes — Maïmonide, Nahmanide, Sefer ha-Hinoukh, Halakhot Guedolot — divergent sur plus de cinquante entrées tout en maintenant le total, et les points de divergence se concentrent sur les commandements dépendant du Temple.

État de la question
Les divergences sont connues des spécialistes et rarement quantifiées. Le maintien du total malgré les écarts n’a pas été analysé comme procédé.
Corpus
Sefer ha-Mitsvot de Maïmonide et ses quatorze règles ; hassagot de Nahmanide ; Halakhot Guedolot ; Sefer ha-Hinoukh ; azharot liturgiques.
Méthode
Collationner les listes entrée par entrée et coder la nature des divergences.

Ce qui la réfuterait : Une convergence des listes à quelques entrées près.

H2. Ex 3,14 : histoire d’une traduction

  • Doctorat
  • Philologie / histoire de la métaphysique
  • 4-5 ans

Hypothèse. Le choix de la Septante de rendre ehyé asher ehyé par ὁ ὤν introduit une valeur ontologique absente de l’inaccompli hébreu, et ce choix commande toute la lecture métaphysique occidentale du verset ; sa réception est traçable de Philon à Thomas.

État de la question
Le point est signalé par les hébraïsants et par Gilson pour la réception. La chaîne complète, de la LXX aux scolastiques, n’a pas été reconstituée avec l’attention portée à l’hébreu.
Corpus
Ex 3,14 en hébreu, LXX, targoums, Vulgate ; Philon, De vita Mosis I ; Rachi et Ibn Ezra sur le verset ; Maïmonide, Guide I, 63 ; Thomas, Somme I, q. 13, a. 11.
Méthode
Suivre les traductions et les commentaires, et coder la valeur attribuée — ontologique, promissive, ou évasive.

Ce qui la réfuterait : Une valeur ontologique déjà présente dans les lectures hébraïques antérieures à la LXX.

H3. Les treize attributs dans la liturgie

  • Master
  • Liturgie
  • 12-18 mois

Hypothèse. Ex 34,6-7 est le passage de la Torah le plus fréquemment récité dans la liturgie juive, et son usage repose sur une troncature systématique : la seconde moitié du verset 7, qui poursuit la faute sur trois et quatre générations, est omise dans presque tous les rites.

État de la question
La troncature est connue des liturgistes et rarement relevée dans les commentaires. Sa généralité à travers les rites n’a pas été vérifiée.
Corpus
Ex 34,6-7 ; selihot ; office de Yom Kippour ; rites ashkénaze, séfarade, italien, yéménite ; b. Roch ha-Chana 17b sur l’alliance des treize attributs.
Méthode
Relever le texte effectivement récité dans chaque rite et mesurer l’étendue de la troncature.

Ce qui la réfuterait : Un rite majeur récitant le verset 7 en entier.

H4. Dt 18,15 dans la polémique

  • Master
  • Histoire de l’exégèse
  • 12-18 mois

Hypothèse. Le verset du « prophète comme moi » est l’un des trois passages les plus employés dans les disputes judéo-chrétiennes médiévales, et les réponses juives suivent une ligne argumentative constante — le contexte immédiat désigne une institution et non un individu — repérable de Barcelone à Tortose.

État de la question
Les disputes sont éditées ; l’argumentaire sur ce verset précis n’a pas été isolé et suivi.
Corpus
Dt 18,15-22 ; Ac 3,22 ; Vikouah de Nahmanide (1263) ; actes de Tortose ; Sefer Nitsahon Yashan ; Justin, Dialogue 49.
Méthode
Relever les occurrences du verset dans le corpus polémique et coder l’argument de chaque camp.

Ce qui la réfuterait : Une variabilité des réponses juives incompatible avec une ligne constante.

H5. Le cycle triennal palestinien

  • Doctorat
  • Liturgie / Genizah
  • 4-5 ans

Hypothèse. La reconstitution du cycle triennal à partir des fragments de la Genizah permet d’établir sa division en sedarim et ses haftarot propres, et de montrer que certaines associations prophétiques aujourd’hui perdues éclairent des passages rabbiniques restés obscurs.

État de la question
Le cycle est connu et partiellement reconstitué par Jacob Mann et Ezra Fleischer. L’exploitation de ses haftarot pour éclairer le midrash reste à conduire.
Corpus
Fragments liturgiques de la Genizah ; listes de sedarim ; Pesiqta de-Rav Kahana ; Vayiqra Rabba ; travaux de Mann et de Fleischer.
Méthode
Reconstituer les associations et rechercher les passages midrashiques qu’elles éclairent.

Ce qui la réfuterait : Une impossibilité de reconstituer des associations stables à partir des fragments.

H6. Akiva et Ben Azzaï : histoire d’une controverse

  • Master
  • Midrash
  • 12-18 mois

Hypothèse. La controverse sur le « grand principe de la Torah » — Lv 19,18 contre Gn 5,1 — est rapportée sans être tranchée, et l’examen de sa réception montre que la position de Ben Azzaï, plus universaliste, a été systématiquement moins citée, écart qui se creuse à l’époque médiévale.

État de la question
Le texte du Sifra est connu. Sa réception différentielle n’a pas été mesurée.
Corpus
Sifra Qedoshim 4,12 ; y. Nedarim 9,4 ; Bereshit Rabba 24,7 ; citations médiévales et modernes des deux positions ; usages dans le dialogue interreligieux contemporain.
Méthode
Recenser les citations des deux positions par période et mesurer l’écart.

Ce qui la réfuterait : Une citation équilibrée des deux positions à travers les époques.

H7. La répétition des chapitres du sanctuaire

  • Master
  • Exégèse / rhétorique
  • 12-18 mois

Hypothèse. La répétition presque intégrale des instructions du sanctuaire (Ex 25-31) dans leur exécution (Ex 35-40) obéit à un procédé attesté dans les inscriptions royales du Proche-Orient ancien, où l’exécution conforme d’un ordre divin se dit par la reprise littérale.

État de la question
La répétition intrigue tous les commentateurs et reçoit des explications théologiques. Le parallèle avec les conventions des inscriptions de construction est rarement mobilisé.
Corpus
Ex 25-31 et 35-40 ; inscriptions de construction mésopotamiennes — Gudea, Nabuchodonosor ; textes ougaritiques de construction du palais de Baal ; 1 R 6-8.
Méthode
Comparer les procédés de reprise dans les deux corpus et mesurer leur conformité.

Ce qui la réfuterait : Une absence du procédé dans les inscriptions de construction du Proche-Orient.

Bibliographie sélective

Sources

  • Rachi. Le Pentateuque accompagné du commentaire de Rachi. 5 vol. Paris : Fondation Odette S. Lévy, 1988-1992.
  • Maïmonide. Le Livre des commandements. Trad. Anne-Marie Geller. Paris : Verdier, 1989.

Études

  • Cohn-Sherbok, Dan, et Lavinia Cohn-Sherbok. Le judaïsme. Paris : Cerf, 2000.
  • Leibowitz, Nehama. Nouvelles études sur la Genèse. Jérusalem : Éliner Library, 1990.
  • Milgrom, Jacob. Leviticus. 3 vol. Anchor Bible. New York : Doubleday, 1991-2001.
  • Sarna, Nahum M. Exploring Exodus. New York : Schocken, 1986.
  • Ska, Jean-Louis. Introduction à la lecture du Pentateuque. Bruxelles : Lessius, 2000.
  • Weinfeld, Moshe. Deuteronomy and the Deuteronomic School. Oxford : Clarendon, 1972.

Voir aussi