Un livre bilingue, classé hors des prophètes, et le dossier des calculs messianiques
Un livre bilingue, classé parmi les Écrits et non parmi les prophètes, sans haftara ni lecture de fête, dont la version grecque contient trois textes absents de l’hébreu et dont un chapitre a servi de calendrier messianique à deux traditions. Peu de livres réunissent autant d’anomalies.
1. Le livre
Douze chapitres, nettement partagés : six récits de cour à la troisième personne (1-6), six visions à la première personne (7-12). Le livre est bilingue : hébreu en 1,1-2,4a, araméen de 2,4b à 7,28, hébreu de 8 à 12. La coupure ne correspond pas au partage entre récits et visions, ce qui interdit de l’expliquer simplement.
Daniel n’est pas un prophète Le Tanakh place Daniel dans les Ketouvim, entre Esther et Esdras-Néhémie. Les bibles chrétiennes le rangent parmi les grands prophètes, après Ézéchiel. Ce n’est pas une variante de classement : la tradition juive distingue la prophétie — nevoua — de l’esprit saint, degré inférieur, et Maïmonide range explicitement Daniel dans le second (Guide II, 45). Le livre ne dit d’ailleurs jamais que la parole du Seigneur lui est adressée : il reçoit des songes et des visions qu’un ange interprète, ce qui est un autre mode.
Passages principaux
Les passages de Daniel qui font l’objet d’un sous-module transversal, avec les autres livres où ils reviennent. Voir l’index des passages.
Les additions grecques. La Septante contient trois textes absents de l’hébreu : la prière d’Azarias et le cantique des trois jeunes gens, insérés au chapitre 3 ; l’histoire de Suzanne ; Bel et le dragon. Ils figurent dans les canons catholique et orthodoxes, non dans le canon juif ni dans les bibles protestantes. Aucun n’a été retrouvé en hébreu ou en araméen.
Deux versions grecques. La Septante ancienne de Daniel a été supplantée dans l’usage chrétien par la version dite de Théodotion, au point que la première n’est conservée que par deux manuscrits et la Syro-hexaplaire. Le cas est unique dans la Bible grecque de l’Église : un livre dont la traduction reçue a été remplacée par une autre.
Qumrân a livré huit manuscrits de Daniel, provenant de trois grottes. Fait notable : ils attestent le changement de langue au même endroit que le texte reçu, ce qui montre que le bilinguisme est ancien et non le produit d’un accident de transmission. Les additions grecques n’y figurent pas. On y trouve en revanche des textes apparentés — Prière de Nabonide, Pseudo-Daniel — qui documentent un cycle de traditions autour du personnage.
3. Le dossier historico-critique
L’argument central. Les visions des chapitres 8 et 11 décrivent les guerres entre Lagides et Séleucides avec une précision croissante, culminant dans le règne d’Antiochos IV — profanation du Temple, interdiction du culte, persécution. Puis, à l’annonce de la mort du roi, le récit devient inexact : il prédit une fin en Terre sainte, alors qu’Antiochos meurt en Perse en 164. La règle appliquée est simple : un récit précis jusqu’à une date et fautif après elle a probablement été écrit à cette date. Le livre est donc daté des années 167-164.
Porphyre l’avait dit. Le philosophe néoplatonicien, au IIIe siècle, soutenait dans son traité Contre les chrétiens que Daniel avait été écrit sous Antiochos. Jérôme, qui le combat, nous transmet l’argument dans son commentaire — l’une des rares fois où un critique antique du christianisme est conservé par celui qui le réfute. La datation maccabéenne n’est donc pas une invention du XIXe siècle.
Ce que la tradition en fait. Le Talmud attribue la mise par écrit à « les hommes de la Grande Assemblée » (b. Baba Batra 15a), ce qui suppose déjà une distance entre le personnage et le livre. Les commentateurs médiévaux ne discutent pas la datation ; ils discutent en revanche abondamment les calculs du chapitre 9.
Le schéma des quatre royaumes — statue du chapitre 2, bêtes du chapitre 7 — a reçu deux identifications principales. La lecture juive médiévale majoritaire y voit Babylone, la Médie-Perse, la Grèce et Rome, ce qui permet de situer la délivrance après Rome ; la critique moderne y voit Babylone, la Médie, la Perse et la Grèce, ce qui fait d’Antiochos le terme. Le choix commande toute la lecture du livre.
4. La lecture
Daniel n’a ni haftara ni lecture de fête. Aucun de ses chapitres n’est lu publiquement dans le cycle synagogal. C’est une absence remarquable pour un livre aussi connu, et elle est probablement liée à son statut : il n’est pas prophétique, et son contenu apocalyptique a été tenu à distance de l’usage public.
Le livre nourrit en revanche la piété privée. Dn 6,11 — Daniel priant trois fois par jour, fenêtres ouvertes vers Jérusalem — fonde l’orientation de la prière et son rythme ternaire, et le Talmud s’y réfère. Le chapitre 3, avec le refus de se prosterner devant la statue, est devenu le modèle du qiddouch ha-Chem, la sanctification du Nom par le martyre, et il est invoqué dans les chroniques des persécutions médiévales.
5. Le targum
Il n’existe pas de targum de Daniel. La raison généralement admise est que le livre est déjà pour moitié en araméen, et qu’une traduction araméenne d’un texte araméen n’a pas d’objet. La même absence vaut pour Esdras-Néhémie, également partiellement araméen. L’argument est solide et il laisse une question ouverte : les parties hébraïques auraient pu recevoir un targum, et elles n’en ont pas reçu.
6. La parshanut
Saadia commente Daniel en arabe et engage le calcul des délais, position qu’il assume contre la réticence talmudique. Rachi rapporte le schéma des quatre royaumes avec Rome en quatrième et lit les visions comme annonçant une délivrance encore à venir. Ibn Ezra critique les calculs et rappelle que plusieurs se sont trompés avant lui.
Maïmonide tranche dans l’autre sens et sa position est la plus nette : il range Daniel hors de la prophétie proprement dite, et il interdit le calcul des termes. Dans l’Épître au Yémen, écrite en 1172 à une communauté secouée par un prétendant messianique, il rappelle la malédiction talmudique contre ceux qui calculent la fin (b. Sanhédrin 97b) — « que crèvent ceux qui supputent les termes » — tout en donnant, contradiction que ses lecteurs ont relevée, une indication de son cru.
7. Midrash et halakha
Il n’existe pas de Daniel Rabba. Le livre est utilisé de manière dispersée : le chapitre 3 dans les martyrologes, le chapitre 6 pour la prière, le chapitre 12,2 — « beaucoup de ceux qui dorment dans la poussière se réveilleront » — comme l’un des rares appuis scripturaires explicites de la résurrection, verset que la Mishna et le Talmud mobilisent contre ceux qui la nient.
L’interdit de calculer est la disposition halakhique la plus liée au livre. Il n’a jamais empêché les calculs : les Gueonim, Saadia, Rachi, Abravanel, et jusqu’à Isaac Newton du côté chrétien s’y sont essayés. L’interdit et sa transgression forment un couple stable, et chaque échec produit une crise dans la communauté qui l’avait cru.
8. Réception chrétienne et sa critique
Le cadre historique des controverses où ces versets ont été employés — Paris 1240, Barcelone 1263, Tortose 1413-1414 — est exposé dans le module Rencontres et polémiques.
Passage
Lecture chrétienne
Lecture juive
État du dossier
Dn 7,13-14 — « comme un fils d’homme »
Titre christologique ; Jésus l’emploie dans les évangiles, et Mc 14,62 y renvoie devant le sanhédrin
Figure collective : le verset 27 identifie explicitement le destinataire du règne au « peuple des saints du Très-Haut »
L’identification collective est dans le texte lui-même, au v. 27. Des lectures individuelles existent aussi dans le judaïsme ancien — 1 Hénoch, 4 Esdras — ce qui interdit de simplifier
Dn 9,24-27 — les soixante-dix semaines
Calcul aboutissant à la venue du Christ ; employé massivement dans les disputes et les traités de conversion
Les termes désignent la période du second Temple ; l’« oint retranché » est identifié à un grand prêtre — Onias III ou Agrippa selon les commentateurs
Le texte hébreu est syntaxiquement obscur et la ponctuation massorétique oriente autrement que les traductions chrétiennes. Les deux lectures reposent sur des découpages différents du même verset
Dn 12,2
Annonce de la résurrection générale
Même lecture — l’un des rares points où les deux traditions convergent sans réserve
Le verset est le plus explicite du Tanakh sur la résurrection, ce qui explique son rôle dans les deux traditions
La mahloket
Pourquoi Daniel n’est-il pas un prophète ?
Le classement n’est pas une question d’étagère. Il commande le statut du livre, la légitimité des calculs qu’on en tire, et la manière dont deux traditions ont lu les mêmes visions. La question posée aux sept voix est celle-ci : qu’est-ce qui distingue Daniel d’Isaïe ou de Jérémie ?
Le Beit Midrash classique
La distinction est de degré et elle est ancienne. La prophétie suppose une adresse — « la parole du Seigneur fut à… » —, et Daniel ne reçoit jamais cette formule : il a des songes et des visions qu’un ange lui explique. Le Talmud dit d’ailleurs que Daniel valait mieux que ses compagnons, et que ceux-ci étaient prophètes alors qu’il ne l’était pas (b. Meguila 3a). Le classement enregistre une différence de mode, non une moindre sainteté.
Orthodoxie moderne
Maïmonide donne la théorie complète dans le Guide II, 45 : onze degrés de prophétie, dont les deux premiers relèvent de l’esprit saint et non de la prophétie proprement dite. Daniel y est rangé, comme les Psaumes et les Proverbes. La conséquence est pratique : ce qui vient d’un degré inférieur ne fonde pas de norme et ne permet pas de calculer. Le classement dans les Ketouvim n’est donc pas un jugement de valeur mais une règle d’usage.
Monde haredi et litvak
Le classement est reçu et il vient des hommes de la Grande Assemblée. Ce qui compte pratiquement est l’interdit de calculer les termes, et l’histoire lui a donné raison avec une régularité accablante : chaque calcul a produit une date, chaque date est passée, et chaque échec a laissé une communauté en ruine. Le cas de 1666 est le plus lourd, mais il n’est pas isolé. L’interdit est une mesure de préservation.
Hassidisme
La venue est certaine et sa date n’est pas notre affaire. La formule du douzième principe — « j’attends sa venue chaque jour » — est une attitude et non un calcul, et c’est même le contraire d’un calcul : celui qui a une date n’attend plus, il patiente jusqu’à elle. Daniel nous enseigne moins des termes que la posture des trois jeunes gens devant la statue, qui refusent sans savoir s’ils seront sauvés — « et même s’il ne nous sauve pas, sache que nous ne servirons pas ton dieu » (Dn 3,18).
Massorti
Historiquement, le classement dans les Ketouvim s’explique simplement : le livre est trop tardif pour entrer dans un recueil prophétique déjà constitué. C’est un argument de chronologie de collection et non de théologie, et il a une conséquence intéressante — le classement juif enregistre involontairement la datation que la critique établira vingt siècles plus tard. Sur les visions, la lecture historique est claire : elles visent Antiochos, et le livre est une œuvre de résistance écrite pour des gens persécutés, ce qui est plus émouvant que n’importe quel calendrier.
Réformé et libéral
Le livre est une littérature de résistance et c’est ainsi qu’il faut le lire. Écrit pour des gens à qui l’on interdisait leur culte, il dit que les empires passent et que la fidélité tient. Le mouvement se méfie en revanche de l’apocalyptique comme genre : elle console en reportant la justice à la fin des temps, ce qui peut dispenser de la chercher maintenant. Les prophètes demandent le droit aujourd’hui ; Daniel promet un jugement demain, et ce n’est pas la même religion.
Monde séfarade et mizrahi
Saadia commente Daniel en arabe et calcule ; Maïmonide interdit de calculer et calcule quand même dans l’Épître au Yémen. Les deux sont séfarades, et cette contradiction en dit long. Le contexte l’explique : les communautés d’Orient ont connu des prétendants messianiques et des persécutions qui exigeaient une réponse immédiate, et l’Épître est écrite pour empêcher un désastre, non pour établir une doctrine. Un interdit peut être levé quand on écrit à des gens qui vont mourir.
Où en est la discussion
Le classement dans les Ketouvim repose sur trois raisons qui se renforcent et qu’il faut distinguer. Une raison de mode : Daniel ne reçoit jamais la formule d’adresse prophétique, il reçoit des visions interprétées — c’est l’argument classique. Une raison de degré : Maïmonide range l’esprit saint sous la prophétie, avec une conséquence pratique, puisqu’un degré inférieur ne fonde ni norme ni calcul. Une raison de chronologie de collection, avancée par la voix massorti : le livre est trop tardif pour un recueil déjà constitué — et le classement juif enregistre ainsi, sans le savoir, la datation que la critique établira. L’interdit de calculer, constamment transgressé par ceux-là mêmes qui l’énoncent, apparaît dans toutes les voix comme une mesure de préservation validée par une longue série de désastres.
Hypothèses de travail — mémoire et thèse
Sept pistes formulées de manière falsifiable. Daniel est le seul livre du Tanakh dont la datation critique soit à la fois assurée, ancienne — Porphyre au IIIe siècle — et sans conséquence doctrinale majeure pour le judaïsme, ce qui en fait un terrain d’étude inhabituellement dégagé.
H1. Le bilinguisme de Daniel
Doctorat
Philologie araméenne
4-5 ans
Hypothèse. Le changement de langue en 2,4b et 8,1 ne résulte ni d’un accident de transmission ni d’un procédé littéraire, mais de l’intégration d’un recueil araméen préexistant dans un cadre hébreu ; les manuscrits de Qumrân, qui attestent les mêmes coupures, permettent d’écarter l’hypothèse accidentelle.
État de la question
Les explications proposées — original araméen partiellement traduit, effet de mise en scène, sources distinctes — coexistent. Les données de Qumrân n’ont pas été mobilisées systématiquement.
Corpus
Dn 1-12 ; 1QDana, 4QDana-e, 6QDan ; araméen d’empire et araméen tardif ; Prière de Nabonide (4Q242) ; Esdras 4-7 comme cas comparable.
Méthode
Analyser les strates linguistiques des deux langues et dater chacune indépendamment.
Ce qui la réfuterait : Une homogénéité linguistique dans chaque langue incompatible avec des sources distinctes.
H2. Porphyre chez Jérôme : reconstituer un argument
Master
Patristique / historiographie
12-18 mois
Hypothèse. L’argumentation de Porphyre sur la datation de Daniel, connue seulement par les réfutations de Jérôme, est reconstituable dans ses grandes lignes et anticipe l’essentiel du raisonnement critique moderne — ce qui déplace de seize siècles l’origine de la datation maccabéenne.
État de la question
Le fait est signalé dans les introductions. La reconstitution méthodique de l’argument à partir des citations de Jérôme n’a pas été publiée en français.
Corpus
Jérôme, Commentaire sur Daniel, préface et passages polémiques ; fragments de Porphyre (Harnack, Berchman) ; Eusèbe, HE VI, 19 ; Méthode et Apollinaire, réfutateurs perdus.
Méthode
Extraire et classer les citations et paraphrases de Porphyre, et comparer son raisonnement à celui de la critique moderne.
Ce qui la réfuterait : Une argumentation porphyrienne de nature entièrement différente, fondée par exemple sur la seule invraisemblance des récits.
H3. Les soixante-dix semaines : histoire d’un calcul
Doctorat
Histoire des controverses
4-5 ans
Hypothèse. Dn 9,24-27 est le passage le plus employé dans les traités de conversion adressés aux juifs du XIIIe au XVIIe siècle, et les réponses juives suivent une ligne constante fondée sur la ponctuation massorétique — ligne dont on peut suivre la formation.
État de la question
Le passage est central dans les disputes. L’argumentaire juif, fondé sur le découpage syntaxique du verset 25, n’a pas été suivi sériellement.
Corpus
Dn 9,24-27 en hébreu avec accents massorétiques ; traductions grecques et latines ; Raymond Martin, Pugio fidei ; actes de Tortose (1413-1414) ; réponses de Nahmanide, Isaac Troki, Abravanel.
Méthode
Recenser les emplois dans le corpus polémique, coder l’argument de chaque camp, et suivre l’évolution de la réponse juive.
Ce qui la réfuterait : Une variabilité des réponses juives incompatible avec une ligne constante.
H4. Le fils d’homme : figure collective ou individuelle ?
Doctorat
Exégèse comparée
4-5 ans
Hypothèse. Les lectures individuelles de Dn 7,13 dans le judaïsme du Second Temple — 1 Hénoch, 4 Esdras — sont indépendantes de la christologie et lui sont partiellement antérieures, ce qui interdit de tenir la lecture collective pour la position juive originelle et l’individuelle pour une importation.
État de la question
Le dossier est disputé, notamment sur la datation des Paraboles d’Hénoch. Il est régulièrement instrumentalisé dans les deux sens.
Corpus
Dn 7,13-14 et 7,27 ; 1 Hénoch 37-71 ; 4 Esdras 13 ; targum ; b. Sanhédrin 98a ; corpus évangélique.
Méthode
Dater chaque attestation selon des critères explicites et coder le type de lecture.
Ce qui la réfuterait : Une datation des Paraboles d’Hénoch postérieure aux évangiles.
H5. Un livre sans lecture publique
Master
Liturgie
12-18 mois
Hypothèse. L’absence totale de Daniel des lectionnaires synagogaux n’est pas fortuite : elle est corrélée à son statut non prophétique et à une réserve envers l’apocalyptique, réserve repérable dans le traitement d’autres textes du même genre.
État de la question
L’absence est constatée sans être expliquée. La comparaison avec le traitement d’autres textes apocalyptiques n’a pas été faite.
Corpus
Listes de haftarot des principaux rites ; Massekhet Soferim ; fragments de la Genizah ; usages de Dn 3 et 6 dans les selihot et les martyrologes.
Méthode
Établir la présence ou l’absence du livre dans tous les usages liturgiques attestés et comparer à d’autres textes apocalyptiques.
Ce qui la réfuterait : Une lecture publique de Daniel attestée dans un rite ancien.
H6. Maïmonide contre lui-même dans l’Épître au Yémen
Master
Histoire des idées
12-18 mois
Hypothèse. La contradiction entre l’interdit maïmonidien de calculer les termes et l’indication donnée dans l’Iggeret Teiman s’explique par la fonction pastorale du texte, et l’examen de ses autres lettres de circonstance montre que Maïmonide adapte régulièrement sa doctrine à l’urgence de la situation.
État de la question
La contradiction est relevée par ses lecteurs médiévaux et modernes. L’hypothèse de l’adaptation pastorale n’a pas été testée sur l’ensemble de sa correspondance.
Corpus
Iggeret Teiman (1172) ; Iggeret ha-Chemad ; Hilkhot Melakhim 11-12 ; Guide II, 45 ; b. Sanhédrin 97b.
Méthode
Comparer les positions doctrinales des traités et celles des lettres de circonstance sur les mêmes questions.
Ce qui la réfuterait : Une constance des positions entre traités et lettres.
H7. Les additions grecques : rechercher un original sémitique
Doctorat
Philologie
4-5 ans
Hypothèse. Suzanne, Bel et le dragon et la prière d’Azarias présentent des traits linguistiques de traduction — sémitismes syntaxiques, calques — qui orientent vers un original hébreu ou araméen perdu plutôt que vers une composition grecque.
État de la question
La question est ouverte depuis Origène, qui discutait déjà de Suzanne avec Africanus. Les analyses récentes divergent selon les textes.
Corpus
Daniel grec, versions LXX et Théodotion ; correspondance d’Origène et de Jules Africain ; fragments de Qumrân apparentés ; corpus de traductions grecques d’originaux sémitiques connus, comme corpus de contrôle.
Méthode
Mesurer les indices de traduction dans chaque addition et comparer à un corpus de contrôle de textes grecs traduits et originaux.
Ce qui la réfuterait : Des profils linguistiques indiscernables de ceux d’une composition grecque originale.
Bibliographie sélective
Instruments
Collins, John J. Daniel. Hermeneia. Minneapolis : Fortress, 1993.
Ulrich, Eugene, éd. Qumran Cave 4.XI : Psalms to Chronicles. DJD XVI. Oxford : Clarendon, 2000.
Études
Collins, John J. The Apocalyptic Imagination. 3e éd. Grand Rapids : Eerdmans, 2016.
Grabbe, Lester L. « The Seventy-Weeks Prophecy in Early Jewish Interpretation ». Dans The Quest for Context and Meaning. Leyde : Brill, 1997.
Koch, Klaus. Das Buch Daniel. Darmstadt : Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1980.
Mimouni, Simon Claude. Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère. Paris : PUF, 2012.
Silver, Abba Hillel. A History of Messianic Speculation in Israel. New York : Macmillan, 1927.