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Tanakh — Torah, livre III

Vayiqra

Le culte, la pureté, la sainteté — et ce qu’il en reste sans Temple

Le livre le moins lu des lecteurs modernes et le premier que les enfants étudiaient autrefois. Presque entièrement législatif, il décrit un culte qui n’existe plus depuis 70 et contient le verset que R. Akiva appelait le grand principe de la Torah. Tout le problème du livre tient dans cet écart : que fait-on d’un code sacrificiel sans autel ?

1. Le livre

Le nom. וַיִּקְרָא, Vayiqra, « et il appela », d’après l’incipit. La Mishna le nomme Torat Kohanim, « la loi des prêtres », et la Septante Λευιτικόν, d’où « Lévitique ». Le livre ne concerne pourtant pas les Lévites, mais les prêtres, descendants d’Aaron, et il s’adresse très souvent au peuple entier.

Le premier livre étudié. Vayiqra Rabba 7,3 rapporte que les enfants commençaient l’étude par ce livre : « que les purs viennent s’occuper de la pureté ». L’usage a été long dans les écoles traditionnelles.

La division. Vingt-sept chapitres, dix parachiyot : Vayiqra, Tsav, Chemini, Tazria, Metsora, Aharé Mot, Qedochim, Emor, Behar, Behouqotaï. Plusieurs sont couplées selon les années.

Le centre de la Torah. Le Talmud rapporte que les scribes comptaient les lettres de la Torah et situaient la lettre du milieu dans le vav de gahon (Lv 11,42), écrit en grand dans les rouleaux, et les mots du milieu dans darosh darach (Lv 10,16) (b. Qiddouchin 30a). Le compte moderne ne tombe pas exactement à ces endroits, ce qui a suscité une abondante discussion sur l’état du texte que les scribes comptaient.

La structure.

Le chapitre 16 est le pivot : il purifie le sanctuaire de toutes les impuretés décrites avant lui.

Lv 19,18 : « comme toi-même » וְאָהַבְתָּ לְרֵעֲךָ כָּמוֹךָ, ve-ahavta le-reakha kamokha. R. Akiva y voit « le grand principe de la Torah » ; Ben Azzaï lui oppose Gn 5,1, « voici le livre des générations de l’homme », qui fonde l’égale dignité de tout être humain (Sifra, Qedochim 4,12). Hillel formule la règle sous forme négative : « ce qui t’est odieux, ne le fais pas à ton prochain » (b. Chabbat 31a). Le verset pose trois questions.
  • Qui est le rea ? Le contexte immédiat parle des « fils de ton peuple », mais Lv 19,34 étend la même formule à l’étranger résidant, le guer.
  • Que signifie kamokha ? Ce peut être « comme toi-même » ou « qui est comme toi ». Buber et Rosenzweig traduisent : « aime ton prochain, il est comme toi ».
  • Comment la construction se comprend-elle ? Le verbe est construit avec la préposition le-, ce qui a fait proposer « sois bon pour ton prochain ».
La réception chrétienne a souvent présenté ce commandement comme une nouveauté évangélique, alors que les évangiles le citent explicitement du Lévitique (Mc 12,31).

Passages principaux

Les passages de Vayiqra qui font l’objet d’un sous-module transversal, avec les autres livres où ils reviennent. Voir l’index des passages.

PassageDans ce livreRevient aussi dans
La Pâque (à venir)Lv 23,5-8Chemot, Bamidbar, Devarim, Yehoshoua, Melakhim, Divrei ha-Yamim, Ezra-Nehemya, Yehezqel
Le DécalogueLv 19Chemot, Devarim, Yirmeyahou, Trei Asar, Tehilim, Ezra-Nehemya

2. Le texte

Un texte stable. Le texte massorétique du Lévitique est l’un des mieux conservés, et les témoins anciens présentent peu de variantes de fond.

Trois témoins de Qumrân sont remarquables.

Un cas de texte. En Lv 17,4, la Septante présente un texte plus long que le texte massorétique, qu’un fragment de Qumrân semble appuyer, ce qui touche la question de l’abattage profane hors du sanctuaire, débattue entre le Lévitique et le Deutéronome.

3. Le dossier historico-critique

P et H. Le livre appartient pour l’essentiel à l’écrit sacerdotal (P). August Klostermann a isolé en 1877 les chapitres 17-26, qu’il a nommés « loi de sainteté » (Heiligkeitsgesetz, H), à cause du refrain « soyez saints, car je suis saint ». La recherche classique voyait dans H un code plus ancien intégré à P. Israel Knohl (The Sanctuary of Silence, 1995) a renversé l’ordre : H est une école postérieure à P, qui l’a édité et complété. Pour P, la sainteté est réservée au sanctuaire et aux prêtres. Pour H, elle s’étend au peuple et au pays. Jacob Milgrom a adopté ce renversement dans son commentaire.

La datation. Wellhausen tenait P pour postexilique, et ce point était au cœur de sa construction. L’école de Yehezkel Kaufmann, suivie par Avi Hurvitz sur des critères linguistiques, soutient au contraire que la langue de P est préexilique et antérieure à celle d’Ézéchiel. Le débat reste ouvert et il n’est pas idéologiquement neutre (voir Comment s’est faite la Bible hébraïque).

Le sens des sacrifices. Milgrom a proposé de traduire le hattat, traditionnellement « sacrifice pour le péché », par « sacrifice de purification ». Selon lui, le sang ne purifie pas l’offrant mais le sanctuaire, souillé par les fautes et les impuretés du peuple, comme le portrait de Dorian Gray se dégrade à la place de son modèle. Le système sacrificiel devient une théologie de la présence divine menacée par l’impureté humaine.

La pureté. Mary Douglas (De la souillure, 1966) a expliqué les interdits alimentaires par une logique de classification : sont impurs les animaux qui ne correspondent pas aux critères de leur classe, comme les animaux aquatiques sans nageoires ni écailles. Elle a elle-même révisé sa thèse (Leviticus as Literature, 1999), en lisant le livre comme une structure littéraire et architecturale. Aucune explication d’ensemble ne s’est imposée, et la tradition rabbinique classe la plupart de ces lois parmi les houqqim, les lois dont la raison n’est pas donnée (voir Bamidbar).

Azazel. Le bouc « pour Azazel » (Lv 16) reste énigmatique. Le mot a été lu comme un nom de lieu (« terrain escarpé », b. Yoma 67b), un nom de démon (1 Hénoch 8-10, qui en fait un chef des anges déchus) ou un terme technique (« bouc qui s’en va »). La traduction « bouc émissaire » vient de la Vulgate, caper emissarius.

Lv 18 et 20. Les listes d’unions interdites, dont les versets sur les relations entre hommes (18,22 ; 20,13), font aujourd’hui l’objet d’un débat exégétique et halakhique considérable. Le module se borne à le signaler. Les positions des courants y divergent nettement, et le module La halakha expose les mécanismes par lesquels la halakha traite de telles questions.

4. La lecture

PassageUsage
Lv 16Matin de Yom Kippour : le rituel du grand prêtre ; la prière de moussaf en reprend le récit dans l’Avoda
Lv 18Après-midi de Yom Kippour dans la plupart des rites. Le judaïsme réformé américain l’a remplacé par Lv 19, dans Gates of Repentance (1978)
Lv 22,26-23,44Deuxième jour de Pessah et premiers jours de Souccot : le calendrier des fêtes
Lv 1-7 (extraits)Passages sur les sacrifices récités chaque matin dans le siddour, les qorbanot

Des haftarot en contrepoint. Le choix des lectures prophétiques met parfois le livre en tension avec lui-même. Pour Tsav, qui décrit les sacrifices, on lit Jérémie 7,21-8,3 : « je n’ai rien dit à vos pères ni rien ordonné, au jour où je les ai fait sortir d’Égypte, au sujet de l’holocauste et du sacrifice » (7,22). Le verset qui relativise le culte est lu le chabbat où l’on lit le culte. Pour Vayiqra, Is 43,21-44,23 porte le même reproche. Pour Chemini, la mort de Nadav et Avihou est rapprochée de celle d’Ouzza près de l’arche (2 S 6).

La prière remplace le sacrifice. Le siddour cite Os 14,3, « nous paierons en taureaux l’offrande de nos lèvres », et le Talmud fait correspondre les prières quotidiennes aux sacrifices perpétuels (b. Berakhot 26b).

5. Le targum

Onqelos traduit le Lévitique de manière très littérale, avec les adaptations halakhiques habituelles. Il précise les termes techniques selon la terminologie rabbinique et rend l’hébreu guer par guiyora, le converti, alors que le sens biblique est « étranger résidant ». Ce choix fait passer toute la législation sur l’étranger dans la législation sur le converti, et il a des conséquences juridiques considérables.

Le targum de Qumrân (4Q156) sur Lv 16 montre qu’une traduction araméenne proche du texte existait déjà au IIe siècle AEC. Le targum du Pseudo-Jonathan localise en revanche le bouc d’Azazel dans un lieu précis du désert, fidèle en cela à la tradition de la Mishna sur le rocher d’où il était précipité (m. Yoma 6,6).

6. La parshanut

Maïmonide et Ramban sur les sacrifices. C’est l’une des controverses les plus célèbres de la parshanut.

Dans le Guide des égarés (III, 32 et 46), Maïmonide soutient que les sacrifices ont été prescrits par une « ruse divine ». Israël, habitué aux cultes de son temps, n’aurait pas pu y renoncer d’un coup, et Dieu les a conservés en les orientant vers lui, comme étape d’une pédagogie qui mène à la prière.

Ramban, commentant Lv 1,9, rejette cette explication. Les sacrifices sont appelés « odeur agréable » et ils ont été offerts par Abel et Noé, bien avant l’Égypte. Il en propose une autre lecture : l’offrant doit comprendre que ce qui est fait à l’animal aurait dû lui être fait, et le sacrifice est une substitution. Maïmonide lui-même inclut pourtant les sacrifices dans le code de la halakha et prévoit leur rétablissement au temps du messie (Hilkhot Melakhim 11,1). La tension entre le Guide et le code est l’un des problèmes classiques de son interprétation.

Ramban sur Lv 19,2. « Soyez saints » ne peut pas être un commandement redondant. Ramban y voit une exigence qui dépasse la lettre, car on peut être un « misérable avec la permission de la Torah », naval bi-rechout ha-Torah, en respectant tous les interdits et en s’adonnant à l’excès dans ce qui est permis. La sainteté est la mesure au-delà de la loi.

Nadav et Avihou. Leur faute n’est pas nommée : le texte parle d’un « feu étranger ». Le midrash en propose une douzaine d’explications, dont l’ivresse — d’où l’interdiction du vin juste après (10,9) —, l’enseignement d’une règle devant Moïse, et le refus de se marier (Vayiqra Rabba 20). Rachi en retient deux. La multiplicité des réponses montre que la tradition a préféré plusieurs hypothèses à l’absence d’explication.

Hoffmann et Hirsch. David Zvi Hoffmann (1905-1906) a écrit un commentaire savant du Lévitique qui réfute Wellhausen sur son propre terrain et soutient l’antériorité de P par rapport au Deutéronome. Samson Raphael Hirsch a proposé une lecture symbolique systématique de chaque élément du culte.

7. Midrash et halakha

Les recueils. La Sifra est le midrash halakhique du Lévitique, issu de l’école de R. Akiva. Elle démontre verset par verset que la halakha de la Mishna découle de l’Écriture. Vayiqra Rabba, midrash homilétique palestinien du Ve siècle, est l’un des plus anciens et des plus beaux recueils de sermons rabbiniques.

Les normes dérivées. La densité halakhique du livre est considérable, même sans Temple.

Après 70. Avot de-Rabbi Nathan (A 4) rapporte que R. Yehochoua, voyant le Temple en ruines, se lamentait sur le lieu où les fautes étaient expiées. Yohanan ben Zakkaï lui répondit : « nous avons une expiation qui la vaut, la bienfaisance », en citant Os 6,6. Le Talmud ajoute que celui qui étudie les lois des sacrifices est considéré comme s’il les avait offerts (b. Menahot 110a). L’étude remplace le culte dont elle parle.

8. Réception chrétienne et sa critique

PassageLecture chrétienneLecture juiveEffets et état du dossier
Lv 1-7 ; 16 — les sacrificesFigures du sacrifice unique du Christ ; l’épître aux Hébreux (9-10) en conclut à leur abolitionCulte suspendu avec le Temple, remplacé par la prière, l’étude et la bienfaisanceL’argument d’une religion juive rendue caduque par la perte du culte a été central. Jean Chrysostome (Contre les juifs, 387) invoque l’échec de la reconstruction du Temple tentée sous Julien (363) comme preuve divine. La tradition juive avait déjà reconstruit sa pratique sans sacrifice deux siècles plus tôt
Lv 11 — les animaux impursLecture allégorique (Barnabé 10) : il ne s’agit pas d’animaux mais de vicesCommandement pratique, dont des lectures allégoriques existent aussi chez les juifs d’Alexandrie (Lettre d’Aristée 144-169 ; Philon)L’allégorie n’est pas chrétienne par origine, mais la conclusion qu’on n’a pas à observer la lettre l’est. La pratique juive a été moquée comme charnelle pendant des siècles
Lv 19,18Souvent présenté comme le cœur de la morale évangélique, parfois comme une nouveauté chrétienneGrand principe de la Torah selon R. AkivaLes évangiles le citent du Lévitique ; l’opposition entre une loi juive de rigueur et un amour chrétien est un topos polémique que le texte même dément

La mahloket

Que reste-t-il de Vayiqra sans Temple ?

Depuis 70, le culte que décrit la moitié du livre n’est plus pratiqué. Le livre est pourtant lu chaque année, étudié, et la prière en reprend le vocabulaire. La question posée aux sept voix : le culte est-il suspendu, remplacé ou dépassé ?

Le Beit Midrash classique

Le culte est suspendu, non aboli. Les prières ont été instituées en correspondance avec les sacrifices perpétuels (b. Berakhot 26b). Celui qui étudie les lois des sacrifices est considéré comme s’il les avait offerts (b. Menahot 110a). La bienfaisance expie comme l’autel (Avot de-Rabbi Nathan A 4). Rien de cela ne dit que le Temple ne sera pas reconstruit : la prière de chaque jour le demande.

Orthodoxie moderne

Maïmonide a deux positions, et l’orthodoxie moderne les garde ensemble. Le Guide fait des sacrifices une étape pédagogique ; le code en prévoit le rétablissement. Une tradition attribuée au rav Kook envisage, sans que l’attribution fasse consensus, que les offrandes futures seraient végétales. La question de la reconstruction est laissée à l’époque messianique et n’est pas une tâche politique présente. Le livre reste la source d’une éthique de la sainteté du quotidien, à laquelle le chapitre 19 donne son centre.

Monde haredi et litvak

Le Temple sera reconstruit et les sacrifices rétablis, comme le code l’établit. D’ici là, on étudie les lois des sacrifices avec la même précision que celles du chabbat, et des yeshivot entières s’y consacrent, pour être prêtes. Il n’y a rien à « dépasser » : ce qui est suspendu reste Torah, et l’étudier est un commandement présent. La prétention d’une construction humaine immédiate relève d’un autre débat, et l’avis majoritaire est d’attendre.

Hassidisme

Chaque homme est un sanctuaire. Le verset « ils me feront un sanctuaire et je résiderai au milieu d’eux » (Ex 25,8) ne dit pas « au milieu de lui » : la tradition hassidique lit « en chacun d’eux ». L’autel est dans le cœur, et le sacrifice est celui des pulsions offertes à Dieu. Le livre des sacrifices est ainsi le livre de la vie intérieure, et il n’a jamais été aussi actuel que depuis que le Temple n’est plus.

Massorti

Le judaïsme a historiquement survécu parce que les rabbins ont su transformer le culte en prière et en étude. Le siddour massorti a gardé la mention des sacrifices dans le moussaf, mais au passé : « ce que nos pères ont offert », et non « ce que nous offrirons ». C’est une position explicite : on honore le souvenir sans demander le rétablissement. La halakha évolue, et le Temple n’est pas un programme.

Réformé et libéral

Le mouvement a supprimé dès le XIXe siècle les prières pour le rétablissement des sacrifices. Le Temple appartient à une étape dépassée de la religion d’Israël, et les prophètes l’avaient annoncé : « c’est la bonté que je veux et non le sacrifice » (Os 6,6). Ce qui reste de Vayiqra, c’est le chapitre 19 : la justice envers le pauvre, l’étranger, le salarié, le sourd et l’aveugle. C’est pour cela que le mouvement le lit à Yom Kippour.

Monde séfarade et mizrahi

Le monde séfarade a gardé une piété du Temple dans la liturgie : la récitation quotidienne des passages de l’encens, le pitoum ha-qetoret, est pratiquée avec une ferveur particulière, et la kabbale de Safed lui attribue une valeur protectrice. Maïmonide, séfarade, a laissé les deux lectures, pédagogique et messianique. La position est de ne pas trancher : le culte est dans la prière, et la prière demande le culte.

Où en est la discussion

Trois réponses se dessinent. Le culte est suspendu et reviendra : c’est la position de la voix classique et de la voix haredi, et en partie de l’orthodoxie moderne, qui renvoie la reconstruction à l’époque messianique. Le culte est transposé dans la prière, l’étude, la bienfaisance et la vie intérieure : toutes les voix le disent, et le hassidisme en fait le cœur de sa lecture. Le culte est dépassé : la voix réformée le dit explicitement, la voix massorti le met au passé dans la liturgie. La voix séfarade garde la tension dans la pratique même. Justin relève que le christianisme a tiré de la perte du Temple un argument contre le judaïsme, alors que le judaïsme avait déjà reconstruit sa pratique sans lui.

Hypothèses de travail — mémoire et thèse

Cinq pistes formulées de manière falsifiable. Le Lévitique se prête à des tests précis : ses lois ont une histoire de pratique documentée, et ses controverses ont laissé des traces datables.

H1. Le compte des lettres et Lv 11,42

  • Master
  • Massore
  • 12-18 mois

Hypothèse. L’écart entre la lettre centrale indiquée par b. Qiddouchin 30a et le centre réel du texte massorétique s’explique par des différences d’orthographe pleine et défective mesurables dans les témoins anciens.

État de la question
L’écart est connu depuis longtemps et reçoit des explications diverses, dont celle d’un compte par versets ou d’un texte différent.
Corpus
Codex de Leningrad et d’Alep ; manuscrits de Qumrân de la Torah ; notes massorétiques ; b. Qiddouchin 30a.
Méthode
Recompter les lettres selon différentes hypothèses orthographiques et mesurer l’écart dans chaque cas.

Ce qui la réfuterait : Un écart irréductible par les variantes orthographiques attestées.

H2. Le guer d’Onqelos

  • Doctorat
  • Études targumiques / halakha
  • 3-4 ans

Hypothèse. La traduction systématique de guer par « converti » dans Onqelos correspond à une position halakhique datable, et elle est absente des targums palestiniens les plus anciens.

État de la question
Le glissement sémantique est connu dans la littérature rabbinique. Sa chronologie dans les targums n’a pas été établie.
Corpus
Onqelos, Neofiti, Pseudo-Jonathan, fragments de la Genizah sur tous les emplois de guer ; Mekhilta et Sifra.
Méthode
Recenser les traductions et les comparer aux positions halakhiques contemporaines.

Ce qui la réfuterait : Une traduction par « converti » attestée dans les plus anciens targums palestiniens.

H3. Maïmonide entre le Guide et le code

  • Doctorat
  • Histoire de la pensée juive
  • 4-5 ans

Hypothèse. La position des sacrifices dans le Mishné Torah et dans le Guide n’est pas contradictoire si l’on distingue le public visé et la fonction des deux ouvrages, et la même méthode rend compte d’autres écarts entre eux.

État de la question
La tension est discutée depuis les controverses maïmonidiennes du XIIIe siècle, et des solutions très diverses ont été proposées.
Corpus
Guide III, 32 et 46 ; Hilkhot Melakhim 11 ; Hilkhot Meïla 8,8 ; commentaires de Ramban, Abravanel et Narboni.
Méthode
Recenser les écarts entre les deux œuvres et tester l’hypothèse de la distinction des publics.

Ce qui la réfuterait : Des écarts qui ne suivent pas la distinction des publics.

H4. Lv 18 ou Lv 19 à Yom Kippour

  • Master
  • Liturgie contemporaine
  • 12-18 mois

Hypothèse. Le remplacement de Lv 18 par Lv 19 dans l’après-midi de Yom Kippour se répand dans les communautés libérales et massorti d’Europe après 1978, et la chronologie de cette diffusion suit la publication des rituels.

État de la question
Le changement est connu pour le judaïsme réformé américain. Sa diffusion en Europe n’a pas été documentée.
Corpus
Rituels de Yom Kippour des mouvements libéraux et massorti d’Europe (France, Royaume-Uni, Suisse, Allemagne) depuis 1945.
Méthode
Dater l’apparition de Lv 19 dans chaque rituel.

Ce qui la réfuterait : Des rituels européens adoptant Lv 19 avant 1978, ou aucune diffusion.

H5. Le lendemain du chabbat

  • Doctorat
  • Histoire des controverses
  • 4-5 ans

Hypothèse. La controverse sur Lv 23,15 est attestée en des termes équivalents dans les écrits de Qumrân, dans la Mishna et chez les karaïtes, ce qui permet de suivre une ligne d’interprétation continue sur un millénaire.

État de la question
Les liens entre les calendriers qumrâniens et karaïtes sont discutés ; la continuité est contestée.
Corpus
Rouleau du Temple ; 4QMMT ; Livre des Jubilés ; m. Menahot 10,3 ; b. Menahot 65a ; Anan ben David ; Qirqisani.
Méthode
Comparer les formulations et les arguments dans chaque corpus.

Ce qui la réfuterait : Des arguments sans lien entre les corpus.

Bibliographie sélective

Commentaires

  • Hoffmann, David Zvi. Das Buch Leviticus. 2 vol. Berlin : Poppelauer, 1905-1906.
  • Levine, Baruch A. Leviticus. JPS Torah Commentary. Philadelphie : Jewish Publication Society, 1989.
  • Milgrom, Jacob. Leviticus. AB 3, 3A, 3B. New York : Doubleday, 1991-2001.
  • Nihan, Christophe. From Priestly Torah to Pentateuch. FAT II/25. Tübingen : Mohr Siebeck, 2007.

Études

  • Douglas, Mary. De la souillure. Paris : Maspero, 1971 [anglais 1966].
  • Douglas, Mary. Leviticus as Literature. Oxford : Oxford University Press, 1999.
  • Hurvitz, Avi. A Linguistic Study of the Relationship between the Priestly Source and the Book of Ezekiel. CahRB 20. Paris : Gabalda, 1982.
  • Klawans, Jonathan. Purity, Sacrifice, and the Temple. New York : Oxford University Press, 2006.
  • Knohl, Israel. The Sanctuary of Silence. Minneapolis : Fortress, 1995.
  • Neusner, Jacob. The Idea of Purity in Ancient Judaism. Leyde : Brill, 1973.

Voir aussi