Médine, la dhimma, la symbiose judéo-arabe et les ruptures modernes
Pendant la plus grande partie du Moyen Âge, la majorité des juifs du monde vivaient en terre d’islam. C’est en arabe que Saadia, Juda Halévi et Maïmonide ont écrit leur philosophie, et c’est sous des califes et des sultans que se sont formés les Gueonim, l’âge d’or andalou et la communauté de la Genizah. La rencontre avec l’islam n’a pas la même structure que la rencontre avec le christianisme, et elle ne se laisse réduire ni à une harmonie ni à une persécution. Ce module en expose les principaux dossiers ; Rencontres et polémiques traite le versant chrétien.
Deux mythes à écarter L’historiographie a longtemps oscillé entre deux récits.
Le « mythe de l’utopie interconfessionnelle » décrit une coexistence harmonieuse en terre d’islam. Il a été construit au XIXe siècle par des historiens juifs européens, qui l’opposaient à la persécution chrétienne.
Le « contre-mythe » est celui d’une persécution continue, que certains auteurs ont nommée « dhimmitude ». Il s’est développé après 1948.
Mark R. Cohen (Under Crescent and Cross, 1994) a montré que les deux sont des constructions et que la condition juive en terre d’islam, généralement moins dure que dans l’Europe latine, reposait sur une infériorité juridique réelle. Ce module suit cette position, qui est celle de la majorité des historiens.
1. Les origines : Médine
Les tribus juives. À l’arrivée de Muhammad à Médine (Yathrib) en 622, la ville comptait plusieurs tribus juives, dont les Banu Qaynuqa’, les Banu al-Nadir et les Banu Qurayza. Un document appelé « constitution » ou « charte de Médine », rapporté par les biographes, organise la coexistence et associe les juifs à la communauté de la ville.
La rupture. Selon la tradition biographique musulmane, les relations se dégradent.
Les Banu Qaynuqa’ et les Banu al-Nadir sont expulsés (624 et 625).
Les hommes des Banu Qurayza sont exécutés en 627, après le siège de Médine, et les femmes et les enfants réduits en esclavage.
L’oasis de Khaybar est conquise en 628 ; ses juifs y restent comme métayers, avant d’être expulsés sous Umar.
L’historicité de ces récits, rédigés plus d’un siècle après les faits, est discutée par les historiens, notamment pour le nombre des victimes de Qurayza.
Le Coran et les juifs. Le Coran range les juifs parmi les « gens du Livre », ahl al-kitab, et reconnaît la Torah comme révélation. Il leur reproche aussi d’avoir altéré leurs Écritures, le tahrif, et contient des passages polémiques. Des traditions d’origine juive, les isra’iliyyat, ont nourri l’exégèse coranique ; des convertis comme Ka‘b al-Ahbar et ‘Abd Allah ibn Salam en sont les transmetteurs.
Le tahrif et l’accusation de Justin. L’accusation d’avoir falsifié l’Écriture a donc une structure comparable dans les deux polémiques : Justin l’a formulée au IIe siècle (voir La formation du canon), et l’islam la reprend au VIIe. Elle a produit, du côté musulman, une critique textuelle de la Bible dont Ibn Hazm de Cordoue (994-1064) est le représentant le plus systématique.
2. La dhimma
Le principe. Juifs et chrétiens reçoivent le statut de dhimmi, « protégé ». Ce statut garantit la vie, les biens et le culte contre le paiement d’un impôt de capitation, la jizya (Coran 9,29), et une série de restrictions. Les communautés gardent leur autonomie interne, leurs tribunaux et leur droit.
Le pacte d’Umar. Un texte attribué au calife Umar, dont la rédaction est probablement plus tardive (VIIIe-IXe siècles), codifie les restrictions :
ne pas construire de nouveaux lieux de culte ;
ne pas élever la voix dans la prière ;
ne pas monter à cheval ;
porter des vêtements distinctifs ;
ne pas occuper de fonction d’autorité sur un musulman.
L’application varie fortement selon les époques et les régions.
Le signe distinctif. Le calife abbasside al-Mutawakkil impose vers 850 aux dhimmis des signes vestimentaires. La prescription d’un signe distinctif existe donc en terre d’islam près de quatre siècles avant le IVe concile du Latran (1215).
La réalité. Dans la pratique, les juifs ont souvent exercé des fonctions importantes, et les documents de la Genizah montrent une vie économique intense, une grande mobilité et des relations commerciales quotidiennes avec des musulmans. Les restrictions étaient appliquées par vagues. Des persécutions sévères ont eu lieu :
sous le calife fatimide al-Hakim, qui fait détruire églises et synagogues vers 1012 ;
à Grenade en 1066, massacre de la communauté après la chute du vizir Joseph ibn Nagrela, fils de Samuel ha-Naguid ;
sous les Almohades à partir de 1147, qui imposent la conversion ou l’exil et poussent la famille de Maïmonide à fuir ;
au Yémen, avec l’exil de Mawza en 1679.
3. La « symbiose créatrice »
L’expression. Elle est de Shelomo Dov Goitein (Jews and Arabs, 1955). Elle désigne la manière dont la culture juive s’est renouvelée au contact de la culture arabe entre le IXe et le XIIIe siècle.
La langue. Le judéo-arabe, arabe écrit en caractères hébreux, devient la langue de la pensée, de la science et de la correspondance.
La grammaire. Les grammairiens juifs, de Juda ibn Hayyuj à Jonas ibn Janah, fondent la grammaire hébraïque sur le modèle de la grammaire arabe, notamment la théorie des racines trilitères.
La poésie. Samuel ha-Naguid, Salomon ibn Gabirol, Moïse ibn Ezra et Juda Halévi écrivent en hébreu selon la métrique arabe.
La philosophie. Saadia s’inspire du kalam mu‘tazilite. Maïmonide lit Aristote à travers al-Farabi et Avicenne (voir Maïmonide).
La spiritualité. Bahya ibn Paqouda, dans Les devoirs des cœurs, puise dans le soufisme. Abraham Maïmonide, fils de Moïse, développe au Caire un piétisme juif d’inspiration soufie, et il propose des réformes de la prière — prosternations, ablutions — inspirées de l’islam, que son entourage contestera.
Le karaïsme. Le mouvement karaïte, qui rejette la Loi orale, naît en Babylonie et en Perse aux VIIIe-IXe siècles, dans un contexte où l’islam débat lui-même du rôle de la tradition (hadith) par rapport au texte. Les parallèles ont été soulignés, sans que la dépendance soit établie.
4. L’islam dans la pensée juive
Maïmonide et l’islam. Dans un responsum célèbre, Maïmonide distingue les deux religions.
L’islam est un monothéisme strict et n’est pas une idolâtrie. Un juif peut donc entrer dans une mosquée, et le vin touché par un musulman n’est pas interdit à la manière du vin de libation.
Le christianisme, à cause de la Trinité et des images, est pour lui une idolâtrie. Mais on peut enseigner la Torah aux chrétiens, parce qu’ils en reconnaissent le texte, et non aux musulmans, qui l’accusent d’être falsifiée.
Jésus et Muhammad. Dans le Michné Torah, Maïmonide écrit que les enseignements de Jésus et de Muhammad ont préparé le monde à la venue du messie, en répandant la connaissance de la Torah et des commandements parmi les nations (Hilkhot Melakhim 11,4). Ce passage a été supprimé par la censure chrétienne dans la plupart des éditions imprimées et rétabli à partir des manuscrits.
Le Kouzari. Juda Halévi met en scène un roi khazar qui interroge un philosophe, un chrétien, un musulman et un rabbin. Le chrétien et le musulman renvoient tous deux au judaïsme comme à leur origine, ce qui conduit le roi à interroger le rabbin. Le dispositif est une forme littéraire de la dispute, écrite en terre d’islam et sous la menace de la Reconquista.
La polémique juive contre l’islam est moins développée que la polémique contre le christianisme, parce qu’elle était dangereuse et parce que l’islam ne revendiquait pas les Écritures juives de la même manière. L’Épître au Yémen de Maïmonide (1172) en contient des éléments. Simon ben Tsemah Duran, à Alger au XVe siècle, consacre une partie de son Qechet u-Maguen à une critique du Coran.
Les convertis polémistes. Samaw’al al-Maghribi, mathématicien juif converti à l’islam en 1163, écrit un traité contre le judaïsme, l’Ifham al-Yahud. Il reprend l’accusation de tahrif et y ajoute une critique de la Loi orale. Le rôle des convertis y est comparable à celui qu’ils jouent dans les disputes chrétiennes.
5. L’époque moderne
Le Maroc et le mellah. À Fès, les juifs sont installés en 1438 dans un quartier séparé, le mellah. Le mot désigne ensuite les quartiers juifs de tout le Maroc.
L’Empire ottoman accueille les expulsés d’Espagne en 1492 (voir Histoire du peuple juif) et leur offre des conditions souvent meilleures que celles de l’Europe.
L’affaire de Damas (1840). La disparition d’un capucin et de son serviteur donne lieu à une accusation de meurtre rituel contre des juifs de Damas. L’accusation est d’origine chrétienne, portée par le consul de France ; les autorités égyptiennes qui gouvernent alors la Syrie la reçoivent. Des notables sont torturés. L’intervention d’Adolphe Crémieux et de Moses Montefiore obtient leur libération. L’affaire marque la naissance d’une solidarité juive internationale organisée, et l’importation en terre d’islam d’un thème antijuif européen.
L’Alliance israélite universelle, fondée à Paris en 1860, ouvre des écoles dans tout le monde méditerranéen et oriental, et elle transforme la culture des communautés en y diffusant le français. Le décret Crémieux (1870) accorde la citoyenneté française aux juifs d’Algérie, ce qui les sépare juridiquement de leurs voisins musulmans.
Le XXe siècle. Plusieurs événements précèdent ou accompagnent le départ de la plupart des juifs des pays arabes et d’Iran :
le Farhoud de Bagdad (1er-2 juin 1941), pogrom qui fait plus de cent quatre-vingts victimes juives ;
les émeutes d’Aden (1947) ;
les mesures prises contre les juifs dans plusieurs pays après 1948 ;
les expulsions d’Égypte en 1956-1957.
Des communautés millénaires disparaissent presque entièrement entre 1948 et les années 1970. Le Maroc, la Tunisie, la Turquie et l’Iran conservent des communautés, réduites.
Le conflit israélo-palestinien pèse depuis 1948 sur toutes les relations entre juifs et musulmans, dans la région et dans les diasporas. Le site renvoie aux travaux historiques pour ce dossier et ne le traite pas ici en détail.
6. L’islam dans la halakha
Idolâtrie. La plupart des décisionnaires suivent Maïmonide : l’islam n’est pas une idolâtrie (avoda zara). Il en résulte, selon de nombreux décisionnaires, qu’on peut entrer dans une mosquée, alors que l’entrée dans une église est interdite ou très discutée selon les avis.
Le vin. Le vin touché par un musulman n’est pas interdit à toute jouissance comme le vin de libation. Il reste interdit à la consommation par la règle générale sur le vin des non-juifs.
La viande halal n’est pas cachère, les règles d’abattage et d’examen étant différentes.
Les noachides. Les musulmans sont considérés par de nombreux décisionnaires comme observant les lois noahides, notamment l’interdit de l’idolâtrie.
La mahloket
L’islam est-il plus proche du judaïsme que le christianisme ?
Maïmonide tient l’islam pour un monothéisme strict et le christianisme pour une idolâtrie ; mais il permet d’enseigner la Torah aux chrétiens et non aux musulmans. La proximité se mesure-t-elle à la doctrine de Dieu, au rapport à l’Écriture, à la loi ou à l’histoire ? La question posée aux sept voix : de quelle religion le judaïsme est-il le plus proche ?
Le Beit Midrash classique
Sur l’unité de Dieu, l’islam est plus proche : Maïmonide le dit, et la halakha en tire des conséquences pratiques. Sur l’Écriture, le christianisme est plus proche, puisqu’il reçoit le texte de la Torah. Les deux proximités ne coïncident pas, et le Meïri a proposé une catégorie commune : les « nations liées par les voies des religions », qui ne relèvent pas de l’idolâtrie au sens talmudique.
Orthodoxie moderne
L’islam et le judaïsme partagent une structure : une loi révélée, une jurisprudence, des savants qui en discutent, un monothéisme sans médiation. Un juriste juif et un juriste musulman se comprennent mieux qu’un juriste juif et un théologien chrétien. Mais l’orthodoxie moderne a aussi appris, depuis Soloveitchik, à coopérer avec les chrétiens sur les questions de société, et la déclaration orthodoxe de 2015 porte sur le christianisme.
Monde haredi et litvak
La proximité doctrinale n’est pas une proximité religieuse. Le judaïsme est la Torah donnée à Israël, et les autres religions sont des voies pour les nations. La halakha distingue l’islam et le christianisme sur des points pratiques, et le monde haredi s’en tient à ces distinctions. Il ne cherche pas de rapprochement avec l’une ou l’autre.
Hassidisme
La kabbale lit l’histoire à travers les figures d’Ismaël et d’Ésaü, associées à l’islam et au christianisme. Elle attribue à chacune une place dans le processus de réparation du monde. Plusieurs maîtres hassidiques ont vécu dans l’Empire ottoman ou en terre d’Israël, et leurs récits rapportent des rencontres avec des soufis. La proximité est d’abord celle de la piété : la prière, la prosternation, l’attachement.
Massorti
Historiquement, la réponse dépend de l’époque. Du IXe au XIIIe siècle, le judaïsme a été culturellement plus proche de l’islam : il a pensé en arabe. En Europe moderne, il a été plus proche du christianisme : il a pensé en allemand, en français, en anglais. La proximité est une affaire d’histoire partagée plus que de doctrine, et elle peut changer.
Réformé et libéral
Le judaïsme réformé a engagé le dialogue avec les deux religions, et il constate que la proximité théologique avec l’islam est réelle : le refus de l’incarnation, le monothéisme sans compromis, l’importance de la pratique. Le dialogue avec l’islam est aujourd’hui plus difficile, à cause du conflit au Proche-Orient, mais il est d’autant plus nécessaire. Des initiatives communes existent dans les villes européennes.
Monde séfarade et mizrahi
Le monde séfarade et mizrahi a vécu treize siècles avec l’islam. Il a prié, pensé et chanté en arabe. La musique liturgique séfarade orientale emprunte aux maqâms arabes, et les piyyoutim sont chantés sur des mélodies arabes. Cette proximité culturelle est une mémoire vive, qui coexiste avec la mémoire des départs du XXe siècle. Aucune des deux ne doit effacer l’autre.
Où en est la discussion
La proximité se mesure selon des critères différents. La doctrine de Dieu rapproche le judaïsme de l’islam : c’est la position de Maïmonide, reprise par la voix classique et la voix réformée. L’Écriture partagée le rapproche du christianisme. La structure juridique rapproche le judaïsme de l’islam, selon l’orthodoxie moderne. L’histoire culturelle a fait varier la proximité selon les époques, selon la voix massorti, et la voix séfarade en garde une mémoire vive. La voix haredi refuse la question. Le hassidisme parle d’une proximité de la piété. Justin relève que le dogme trinitaire, cœur de sa foi, est précisément ce qui l’éloigne de ses deux interlocuteurs.
Hypothèses de travail — mémoire et thèse
Six pistes formulées de manière falsifiable. Le dossier judéo-musulman dispose de sources abondantes — Genizah, chroniques arabes, responsa — encore peu exploitées dans l’enseignement francophone.
H1. Le signe distinctif avant Latran IV
Doctorat
Histoire comparée
4-5 ans
Hypothèse. Les prescriptions vestimentaires imposées aux dhimmis en terre d’islam ont été connues des juristes latins avant 1215, et le canon 68 du concile de Latran en porte la trace.
État de la question
L’antériorité islamique est reconnue ; la transmission vers l’Occident n’est pas démontrée.
Corpus
Textes abbassides sur le ghiyar ; sources espagnoles et siciliennes du XIIe siècle ; canon 68 de Latran IV et ses sources.
Méthode
Rechercher les mentions des usages islamiques dans les sources latines antérieures à 1215.
Ce qui la réfuterait : L’absence de toute mention dans les sources latines accessibles aux rédacteurs.
H2. Ibn Hazm et la critique biblique
Doctorat
Histoire intellectuelle
4-5 ans
Hypothèse. Les arguments d’Ibn Hazm sur les contradictions de la Torah recoupent ceux que la critique biblique européenne formulera au XVIIe siècle, et certains ont pu être transmis par des intermédiaires juifs ou chrétiens.
État de la question
Hava Lazarus-Yafeh a étudié le dossier (Intertwined Worlds, 1992) ; la question de la transmission reste ouverte.
Corpus
Ibn Hazm, Kitab al-Fisal ; Ibn Ezra ; Spinoza ; polémiques judéo-arabes.
Méthode
Comparer les arguments et rechercher les chaînes de transmission.
Ce qui la réfuterait : Des arguments sans correspondance précise ou sans transmission plausible.
H3. Le responsum de Maïmonide sur l’enseignement de la Torah
Master
Histoire de la halakha
12-18 mois
Hypothèse. La distinction de Maïmonide entre l’enseignement de la Torah aux chrétiens et aux musulmans a été reçue par les décisionnaires orientaux et ignorée ou rejetée par les décisionnaires ashkénazes.
État de la question
Le responsum est connu ; sa réception n’a pas été cartographiée.
Corpus
Responsum de Maïmonide (éd. Blau) ; responsa orientaux et ashkénazes ultérieurs ; base responsa de Bar-Ilan.
Méthode
Recenser les citations et classer les positions.
Ce qui la réfuterait : Une réception indifférenciée selon les aires.
H4. La censure de Hilkhot Melakhim 11,4
Master
Histoire du livre
12-18 mois
Hypothèse. Le passage sur Jésus et Muhammad a été supprimé dès les premières éditions imprimées en terre chrétienne, et les éditions orientales l’ont conservé.
État de la question
La suppression est connue ; la chronologie éditoriale précise n’a pas été établie.
Corpus
Manuscrits yéménites et orientaux ; éditions de Rome (vers 1480), Venise, Amsterdam, Constantinople.
Méthode
Comparer le passage dans chaque édition.
Ce qui la réfuterait : Une présence du passage dans des éditions imprimées en terre chrétienne.
H5. Abraham Maïmonide et les réformes rituelles
Doctorat
Histoire religieuse
4-5 ans
Hypothèse. Les réformes de la prière proposées par Abraham Maïmonide s’appuient sur des arguments internes à la halakha et non sur l’imitation déclarée du soufisme, et l’opposition qu’elles ont rencontrée porte sur l’imitation perçue.
État de la question
Paul Fenton et d’autres ont étudié le piétisme d’Abraham Maïmonide ; les controverses sur ses réformes sont documentées par la Genizah.
Corpus
Kifayat al-‘Abidin ; responsa d’Abraham Maïmonide ; fragments de la Genizah sur la controverse.
Méthode
Classer les arguments des deux parties.
Ce qui la réfuterait : Une justification explicite des réformes par l’exemple soufi.
H6. L’affaire de Damas et la presse européenne
Master
Histoire contemporaine
12-18 mois
Hypothèse. La couverture de l’affaire de Damas dans la presse française de 1840 suit les positions du consul et du gouvernement jusqu’à l’intervention de Crémieux, et le retournement est mesurable.
État de la question
Jonathan Frankel a étudié l’affaire (The Damascus Affair, 1997) ; l’analyse quantitative de la presse reste à faire.
Corpus
Presse française, britannique et allemande de 1840 ; correspondance consulaire.
Méthode
Coder les articles selon leur position et suivre l’évolution.
Ce qui la réfuterait : Une position stable avant et après l’intervention.
Bibliographie sélective
Synthèses
Cohen, Mark R. Under Crescent and Cross: The Jews in the Middle Ages. Princeton : Princeton University Press, 1994.
Goitein, Shelomo Dov. Jews and Arabs: Their Contacts through the Ages. New York : Schocken, 1955.
Lewis, Bernard. Juifs en terre d’Islam. Paris : Calmann-Lévy, 1986.
Meddeb, Abdelwahab, et Benjamin Stora, dir. Histoire des relations entre juifs et musulmans des origines à nos jours. Paris : Albin Michel, 2013.
Stillman, Norman A. The Jews of Arab Lands: A History and Source Book. Philadelphie : Jewish Publication Society, 1979.
Études
Adang, Camilla. Muslim Writers on Judaism and the Hebrew Bible. Leyde : Brill, 1996.
Fenton, Paul B. Deux traités de mystique juive. Lagrasse : Verdier, 1987.
Frankel, Jonathan. The Damascus Affair. Cambridge : Cambridge University Press, 1997.
Lazarus-Yafeh, Hava. Intertwined Worlds: Medieval Islam and Bible Criticism. Princeton : Princeton University Press, 1992.
Wasserstrom, Steven M. Between Muslim and Jew. Princeton : Princeton University Press, 1995.