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Tanakh — Torah, livre IV

Bamidbar

Le désert, les révoltes, Balaam — et la loi dont la raison échappe

Quarante ans de désert en trente-six chapitres : des recensements, des révoltes, un devin étranger qui bénit malgré lui, et un rite de purification que le roi Salomon lui-même, dit le midrash, n’a pas compris. C’est le livre des lois sans raison apparente, et c’est pour cela que sa mahloket porte sur la raison des commandements.

1. Le livre

Le nom. בְּמִדְבַּר, Bamidbar, « dans le désert », d’après le cinquième mot du premier verset. La Mishna l’appelle Homech ha-Pequdim, « le cinquième des recensements » (m. Yoma 7,1), à cause des deux dénombrements des chapitres 1 et 26. Ce nom a été traduit par la Septante, Ἀριθμοί, d’où « Nombres ».

La division. Trente-six chapitres, dix parachiyot : Bamidbar, Nasso, Behaalotekha, Chelah, Qorah, Houqat, Balaq, Pinhas, Matot, Masé. Nasso est la plus longue section de la Torah.

La structure. Le livre se déroule en trois lieux :

Le passage d’une génération à l’autre en est le thème : la génération sortie d’Égypte meurt dans le désert, et le second recensement compte ses enfants.

Un livre dans le livre : les noun inversés Nb 10,35-36 — « quand l’arche partait… quand elle se posait… » — est encadré dans les rouleaux de la Torah par deux lettres noun inversées, ׆. C’est l’un des signes scribaux les plus anciens de la tradition. Le Talmud en donne deux interprétations (b. Chabbat 115b-116a).
  • Selon un maître, le passage n’est pas à sa place, et les signes le marquent comme déplacé.
  • Selon Rabbi, il forme un livre à part entière. La Torah compterait alors sept livres : Nombres 1,1-10,34, ces deux versets, et le reste des Nombres. Le Talmud appuie cette lecture sur Pr 9,1, « la sagesse a taillé ses sept colonnes ».
La Septante place ces deux versets à un autre endroit, avant le verset 34, ce qui confirme qu’ils ont circulé comme une unité mobile. Les deux versets sont récités à l’ouverture et à la fermeture de l’arche à la synagogue.

Passages principaux

Les passages de Bamidbar qui font l’objet d’un sous-module transversal, avec les autres livres où ils reviennent. Voir l’index des passages.

PassageDans ce livreRevient aussi dans
Les généalogiesNb 1-3 ; 26Bereshit, Chemot, Rut, Divrei ha-Yamim, Ezra-Nehemya
La Pâque (à venir)Nb 9 ; 28,16-25Chemot, Vayiqra, Devarim, Yehoshoua, Melakhim, Divrei ha-Yamim, Ezra-Nehemya, Yehezqel
La manne (à venir)Nb 11Chemot, Devarim, Yehoshoua, Tehilim, Ezra-Nehemya
Les explorateurs (à venir)Nb 13-14Devarim, Yehoshoua, Tehilim
La révolte de Qorah (à venir)Nb 16-17Devarim, Tehilim
Balaam (à venir)Nb 22-24 ; 31,16Devarim, Yehoshoua, Trei Asar, Ezra-Nehemya
La mort de Moïse (à venir)Nb 20,12 ; 27,12-14Devarim, Yehoshoua, Tehilim
Les treize attributs de miséricorde (à venir)Nb 14,18Chemot, Trei Asar, Tehilim, Ezra-Nehemya
Le Chema (à venir)Nb 15,37-41Devarim, Trei Asar

2. Le texte

Ketef Hinnom. La bénédiction sacerdotale (Nb 6,24-26) est attestée sur les amulettes d’argent de Ketef Hinnom, à la fin du VIIe ou au début du VIe siècle. C’est le plus ancien témoin matériel d’un texte biblique (voir Comment s’est faite la Bible hébraïque). La formule y apparaît sous une forme plus brève que dans le texte massorétique, ce qui suggère qu’elle circulait comme bénédiction liturgique avant sa mise en place dans le livre.

4QNumb présente un texte expansionniste qui s’accorde souvent avec la Septante et avec le Pentateuque samaritain. Dans plusieurs passages, il harmonise le récit des Nombres avec les passages parallèles du Deutéronome, procédé typique de ce groupe de textes.

Balaam à Deir Alla. Une inscription à l’encre sur plâtre, découverte en 1967 à Deir Alla, dans la vallée du Jourdain, et datée d’environ 800 AEC, raconte une vision de « Balaam fils de Beor, voyant des dieux ». Le personnage de Nb 22-24 était donc une figure connue dans la région, indépendamment de la Bible. Le texte, en une langue dont le classement (araméen ancien ou dialecte cananéen) est discuté, ne dit rien d’Israël : Balaam y annonce une catastrophe voulue par une assemblée divine. Le récit biblique a repris un devin célèbre et l’a fait bénir Israël.

3. Le dossier historico-critique

Les nombres. Le premier recensement compte 603'550 hommes en âge de combattre (Nb 1,46), ce qui suppose une population de plus de deux millions de personnes. Aucune économie du désert ne peut l’avoir porté, et aucune trace archéologique ne l’atteste. Trois solutions ont été proposées.

La tradition les prend au pied de la lettre et en tire des enseignements sur la valeur de chaque individu compté.

Les sources. La critique distingue un ensemble sacerdotal — recensements, organisation du camp, rituels, lois — et des récits non sacerdotaux. La révolte de Qorah en est l’exemple classique. Le chapitre 16 entrelace deux histoires :

Dt 11,6 ne mentionne que Datan et Abiram, et Nb 26,11 précise que les fils de Qorah ne moururent pas. Les « fils de Qorah » sont d’ailleurs nommés comme auteurs de plusieurs psaumes.

Deux Balaam. Dans les chapitres 22-24, Balaam refuse de maudire Israël et prononce les bénédictions que Dieu lui inspire. Dans le chapitre 31 (v. 16), il est celui qui a conseillé de faire tomber Israël dans l’idolâtrie à Peor. Les autres textes bibliques se partagent entre les deux images — Dt 23,5-6, Jos 24,9-10, Mi 6,5, Ne 13,2 —, et le Nouveau Testament retient la négative (2 P 2,15 ; Ap 2,14). La critique y voit deux traditions juxtaposées.

Les étapes. La liste des étapes du chapitre 33 a été comparée aux listes topographiques égyptiennes. Plusieurs sites qu’elle nomme, dont Dibon, n’étaient pas occupés à l’âge du Bronze récent selon l’archéologie, ce qui oriente vers une composition reflétant la géographie de l’âge du Fer. Le débat oppose Kenneth Kitchen, qui défend l’ancienneté des traditions, à ceux qui y voient une construction tardive.

Les poèmes de Balaam (Nb 23-24) présentent des traits archaïques. Plusieurs chercheurs les datent de l’époque monarchique ancienne, antérieurement à leur cadre narratif.

4. La lecture

PassageUsage
Nb 6,24-26Bénédiction sacerdotale, prononcée par les kohanim à la synagogue — chaque jour en Israël et dans les communautés séfarades, aux fêtes seulement dans la plupart des communautés ashkénazes de diaspora
Nb 15,37-41Troisième paragraphe du Chema, sur les tsitsit, récité matin et soir
Nb 10,35-36Ouverture et fermeture de l’arche lors de la lecture de la Torah
Nb 24,5« Qu’elles sont belles tes tentes, Jacob » — Ma tovou, récité en entrant dans la synagogue : la bénédiction de Balaam est devenue la première prière du matin
Nb 19Chabbat Para, avant Pessah : la vache rousse, lue pour rappeler la purification nécessaire à l’offrande pascale
Nb 28-29Lectures additionnelles de chaque fête et de chaque néoménie, qui décrivent leurs sacrifices propres
Nb 15,26 ; 14,19-20Récités après le Kol Nidré : « et le Seigneur dit : j’ai pardonné selon ta parole »

Les haftarot choisissent des parallèles narratifs.

5. Le targum

Nb 24,17. Là où l’hébreu dit « une étoile sort de Jacob, un sceptre se lève d’Israël », Onqelos traduit : « un roi se lèvera de Jacob, et le messie, mechiha, sera oint d’Israël ». Le targum le plus sobre donne ici une lecture messianique explicite. Le même verset a valu son surnom au chef de la révolte de 132 : Bar Kokhba, « fils de l’étoile ».

Nb 12,1. Myriam et Aaron parlent contre Moïse à cause de la « femme koushite » qu’il avait prise. Onqelos traduit kouchit par chapirta, « belle ». Rachi explique la même lecture par la valeur numérique : kouchit et yefat marè, « belle d’aspect », valent tous deux 736. La lecture évite une question que le texte pose et que les commentateurs modernes ont reprise : Moïse avait-il épousé une femme d’Afrique, et la faute de Myriam est-elle un préjugé ?

Les targums palestiniens développent le récit de Balaam, font de son ânesse une créature des six jours de la création — ce que la Mishna dit déjà de la bouche de l’ânesse (m. Avot 5,6) — et nomment les deux serviteurs de Balaam Jannès et Jambrès, les magiciens de l’Exode.

6. La parshanut

Rachi et la vache rousse. Rachi commente Nb 19 à deux niveaux. Selon le premier, c’est un hoq, un décret dont on ne demande pas la raison ; « Satan et les nations » s’en moquent, et Israël obéit. Selon le second, emprunté à R. Moïse ha-Darchan, le rite répare la faute du veau d’or : « que la mère vienne essuyer la souillure de son petit ». Le commentateur le plus lu donne à la fois la réserve et l’explication.

Les explorateurs. Où était la faute de Nb 13-14 ? Pour Rachi, dans l’envoi même, qui trahissait un manque de confiance. Pour Ramban, l’envoi était légitime — toute conquête suppose un repérage — et la faute était dans le rapport, qui a changé l’information en découragement. Le désaccord porte sur la place de la prudence humaine dans la foi.

L’ânesse de Balaam. Maïmonide (Guide II, 42) soutient que l’épisode s’est déroulé dans une vision prophétique : une ânesse ne parle pas. Ramban juge cette lecture contraire au texte et soutient la réalité du prodige. Le débat reproduit celui de la nécromancienne d’En-Dor (voir Shmuel) : la même ligne sépare les rationalistes et les littéralistes.

Ibn Ezra et Abravanel. Ibn Ezra discute longuement la chronologie du livre, qu’il juge non linéaire. Abravanel ouvre chaque section par ses questions et consacre à Balaam une analyse de la prophétie chez les nations.

7. Midrash et halakha

Les recueils. Sifré Bamidbar est le midrash halakhique du livre, de l’école de R. Yichmaël. Il commence à Nb 5, là où commencent les lois. Bamidbar Rabba est une compilation médiévale en deux parties d’origines différentes. Pesiqta de-Rav Kahana contient la grande homélie sur la vache rousse (4).

Les normes dérivées. Cinq traités du Talmud reposent sur ce livre.

Deux lois nées d’une question.

Dans les deux cas, la loi est suscitée par une revendication, et la tradition en tire que la halakha peut naître d’une demande juste.

Le minyan. Le quorum de dix pour la prière publique est déduit du mot eda, « assemblée ». Il est appliqué en Nb 14,27 aux dix explorateurs qui ont découragé le peuple (b. Meguila 23b). La communauté priante a pour mesure un groupe de dix hommes qui avaient mal parlé.

Les tsitsit (Nb 15,37-41) fondent le port des franges, et le fil bleu, tekhelet, dont la source avait été perdue, a fait l’objet de tentatives de reconstitution depuis le XIXe siècle. La hallah, prélèvement sur la pâte (Nb 15,17-21), reste pratiquée aujourd’hui.

Le hoq par excellence. L’homélie de la Pesiqta de-Rav Kahana (4,7) rapporte qu’un païen demanda à Yohanan ben Zakkaï si le rite de la vache rousse n’était pas de la sorcellerie. Il reçut une réponse comparative : un homme possédé est guéri par une fumigation, et l’impureté par l’eau lustrale. Ses disciples lui dirent : « tu l’as repoussé avec un roseau, mais à nous, que réponds-tu ? » Il leur répondit : « le mort ne rend pas impur, l’eau ne purifie pas, mais c’est un décret du Roi ». Le midrash ajoute que Salomon comprit toutes les lois sauf celle-là, et dit : « j’ai voulu être sage, et elle est loin de moi » (Qo 7,23 ; Bamidbar Rabba 19,3) — voir Qohelet.

8. Réception chrétienne

La section est réduite à une note, selon la règle du plan de couverture. Plusieurs passages ont reçu une lecture chrétienne :

Aucune de ces lectures n’a eu d’effets comparables à ceux des passages d’Isaïe, des Psaumes ou de l’Exode. Nb 24,17 a été invoqué dans le dossier messianique des disputes, mais sa lecture messianique est d’abord juive — Onqelos, R. Akiva et Bar Kokhba. Le serpent d’airain avait déjà été détruit par Ézéchias parce qu’on lui rendait un culte (2 R 18,4), et la Mishna en donne une lecture qui en neutralise la puissance : « le serpent fait-il mourir ou vivre ? Quand Israël regardait vers le haut et soumettait son cœur à son Père du ciel, il était guéri » (m. Roch ha-Chana 3,8).

La mahloket

Une loi sans raison est-elle pensable ?

La tradition distingue les michpatim, lois dont la raison est évidente, et les houqqim, décrets dont la raison n’est pas donnée. La vache rousse est l’exemple canonique des seconds : ses cendres purifient l’impur et rendent impurs ceux qui les préparent. La question posée aux sept voix : faut-il chercher la raison des commandements, et que se passe-t-il si on ne la trouve pas ?

Le Beit Midrash classique

Le Talmud connaît le danger des raisons. Deux commandements du roi — ne pas multiplier les femmes, ne pas multiplier les chevaux — ont reçu leur raison dans le texte, et Salomon, qui la connaissait, s’est jugé au-dessus d’elle et a fauté (b. Sanhédrin 21b). La raison connue devient une raison discutée, puis une raison écartée. Yohanan ben Zakkaï a donné une explication au païen et le décret à ses disciples. Les deux réponses sont vraies, chacune pour son destinataire.

Orthodoxie moderne

Samson Raphael Hirsch a consacré un ouvrage entier, Horeb (1837), à la signification des commandements. Il en donne une lecture symbolique systématique, y compris pour les houqqim. Chercher le sens n’est pas conditionner l’obéissance : l’obligation est fixée, et l’intelligence cherche ce qu’elle signifie. La vache rousse dit quelque chose de la mort et de la vie, et le lecteur moderne peut l’entendre sans cesser d’obéir.

Monde haredi et litvak

Le hoq est la mesure de la soumission. Accomplir un commandement parce qu’on le comprend, c’est encore se servir soi-même ; l’accomplir parce qu’il est commandé, c’est servir Dieu. Rachi le dit : Satan et les nations se moquent, et Israël répond « c’est un décret ». On peut chercher des raisons dans l’étude, mais la pratique n’en dépend pas, et celui qui les met en avant prépare l’abandon.

Hassidisme

Hoq vient de la racine « graver ». Ce qui est gravé ne se lit pas comme ce qui est écrit à l’encre : l’encre est posée sur la page, la gravure fait partie de la pierre. Les houqqim touchent en l’homme ce qui est au-delà de l’intelligence, et c’est pour cela qu’on les accomplit avec joie et sans calcul. La vache rousse, qui purifie et souille à la fois, dit que Dieu est au-delà de nos catégories.

Massorti

La vache rousse a des parallèles dans les rites de purification du Proche-Orient ancien, et Jacob Milgrom a montré (1981) que le paradoxe — purifier l’impur et souiller le pur — s’explique par la logique même du hattat : ce qui absorbe l’impureté en devient porteur. La raison historique existe donc. Elle ne dispense pas du sens, mais elle montre qu’un hoq n’est pas une loi arbitraire. C’est une loi dont la raison s’est perdue, et la halakha peut évoluer quand la raison est retrouvée.

Réformé et libéral

La plateforme de Pittsburgh (1885) déclarait ne reconnaître comme obligatoires que les lois morales et les cérémonies qui élèvent et sanctifient la vie, et rejetait celles qui ne sont pas adaptées à la civilisation moderne. Une loi sans raison éthique n’oblige pas le juif moderne. La position s’est assouplie depuis, et beaucoup de réformés ont repris des pratiques pour leur valeur symbolique, mais le principe demeure : l’autonomie juge.

Monde séfarade et mizrahi

Saadia Gaon distingue les commandements rationnels, que la raison aurait découverts seule, et les commandements « révélés », dont la raison n’est pas évidente mais qui ont une utilité (Emounot ve-Deot III). Maïmonide va plus loin : tout commandement a une raison, et seuls les détails n’en ont pas (Guide III, 26). Il admet pourtant dans le code que certains décrets dépassent notre intelligence (Hilkhot Meïla 8,8). Le monde séfarade a ouvert la question la plus audacieuse et gardé la prudence la plus nette.

Où en est la discussion

Deux attitudes structurent le débat. Chercher la raison : c’est la voie de Saadia et de Maïmonide, de Hirsch en symboliste, et de la critique historique avec Milgrom. Tenir l’obéissance pour indépendante de la raison : c’est la voie de la voix haredi, du hassidisme, et de la réponse de Yohanan ben Zakkaï à ses disciples. La voix classique ajoute un argument propre, celui de Salomon (b. Sanhédrin 21b) : la raison connue fragilise la loi. La voix réformée fait de la raison éthique un critère d’obligation, en l’assouplissant depuis. Presque toutes les voix finissent par tenir ensemble la recherche du sens et la limite de la recherche, et Justin y reconnaît une structure que sa propre tradition connaît.

Hypothèses de travail — mémoire et thèse

Cinq pistes formulées de manière falsifiable, du texte de Deir Alla aux usages liturgiques contemporains.

H1. Balaam de Deir Alla et Balaam des Nombres

  • Doctorat
  • Épigraphie / exégèse
  • 4-5 ans

Hypothèse. Le récit biblique de Balaam réemploie la figure d’un devin connu par une tradition transjordanienne dont l’inscription de Deir Alla est un témoin, et les poèmes de Nb 23-24 conservent des formules de cette tradition.

État de la question
Le rapprochement est admis ; son étendue, notamment au niveau des formules, est discutée.
Corpus
Inscription de Deir Alla (combinaisons I et II) ; Nb 22-24 ; oracles prophétiques ouest-sémitiques ; textes de Mari.
Méthode
Comparer le vocabulaire et les formules des deux textes et évaluer les parallèles spécifiques.

Ce qui la réfuterait : L’absence de parallèles spécifiques au-delà du nom et de la fonction.

H2. Les noun inversés dans les manuscrits

  • Master
  • Codicologie
  • 12-18 mois

Hypothèse. La position et la forme des signes entourant Nb 10,35-36 varient dans les manuscrits médiévaux selon des familles identifiables, et ces variations reflètent des traditions scribales régionales.

État de la question
Les signes sont connus depuis la Mishna et le Talmud. Leur histoire graphique n’a pas été établie systématiquement.
Corpus
Codex de Leningrad et d’Alep ; rouleaux et codex médiévaux numérisés (Ktiv) ; Sifré Bamidbar 84 ; b. Chabbat 115b-116a ; Ps 107.
Méthode
Relever la forme et la position des signes et les corréler à l’origine des manuscrits.

Ce qui la réfuterait : Une forme et une position uniformes dans toute la tradition.

H3. Le elef comme unité

  • Doctorat
  • Philologie / histoire
  • 4-5 ans

Hypothèse. L’interprétation de elef comme unité militaire, proposée par Mendenhall, rend les listes de Nb 1 et 26 arithmétiquement cohérentes pour la moitié des tribus au plus, ce qui suffit à l’écarter comme explication générale.

État de la question
L’hypothèse est citée dans les commentaires ; ses tests arithmétiques ont donné des résultats contradictoires.
Corpus
Nb 1 ; 2 ; 26 ; Mendenhall (1958) ; Humphreys (1998) et ses critiques.
Méthode
Appliquer la réinterprétation à chaque tribu et évaluer la cohérence des résultats.

Ce qui la réfuterait : Une cohérence arithmétique pour la grande majorité des tribus.

H4. La bénédiction sacerdotale quotidienne

  • Master
  • Liturgie
  • 12-18 mois

Hypothèse. La restriction ashkénaze de la bénédiction sacerdotale aux jours de fête dans la diaspora date de la fin du Moyen Âge et repose sur des raisons que les décisionnaires eux-mêmes jugeaient faibles, ce qui explique son rétablissement quotidien en Israël.

État de la question
L’usage est connu ; la chronologie de son apparition et de ses justifications est discutée.
Corpus
Rema, Orah Hayim 128,44 ; Maharil ; responsa ashkénazes ; décisions du Gaon de Vilna et des disciples installés en terre d’Israël.
Méthode
Dater les premières attestations de l’usage et de ses justifications.

Ce qui la réfuterait : Une attestation de l’usage restrictif avant le XIVe siècle.

H5. Yohanan ben Zakkaï et le païen

  • Master
  • Littérature rabbinique
  • 12-18 mois

Hypothèse. Le récit de la Pesiqta de-Rav Kahana 4,7 construit consciemment deux niveaux de réponse — apologétique et interne — et ce modèle se retrouve dans d’autres récits de dialogue avec des non-juifs.

État de la question
Le récit est très cité ; son modèle narratif n’a pas été comparé aux autres récits du même type.
Corpus
Pesiqta de-Rav Kahana 4,7 ; Bamidbar Rabba 19 ; récits de dialogues avec des « philosophes » ou des « matrones » dans Bereshit Rabba et le Talmud.
Méthode
Relever les récits et coder le type de réponse donnée au non-juif et, le cas échéant, aux disciples.

Ce qui la réfuterait : L’absence de doubles réponses dans les autres récits.

Bibliographie sélective

Commentaires

  • Levine, Baruch A. Numbers. AB 4 et 4A. New York : Doubleday, 1993-2000.
  • Milgrom, Jacob. Numbers. JPS Torah Commentary. Philadelphie : Jewish Publication Society, 1990.
  • Römer, Thomas, dir. The Books of Leviticus and Numbers. BETL 215. Louvain : Peeters, 2008.

Études

  • Hoftijzer, Jacob, et Gerrit van der Kooij. Aramaic Texts from Deir ‘Alla. Leyde : Brill, 1976.
  • Mendenhall, George E. « The Census Lists of Numbers 1 and 26 ». JBL 77 (1958) : 52-66.
  • Milgrom, Jacob. « The Paradox of the Red Cow (Num. XIX) ». VT 31 (1981) : 62-72.
  • Stern, Josef. Problems and Parables of Law: Maimonides and Nahmanides on Reasons for the Commandments. Albany : SUNY Press, 1998.
  • Barkay, Gabriel, Marilyn J. Lundberg, Andrew G. Vaughn et Bruce Zuckerman. « The Amulets from Ketef Hinnom: A New Edition and Evaluation ». BASOR 334 (2004) : 41-71.

Voir aussi