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VI. Histoire

Les juifs en Suisse

Du Moyen Âge à aujourd’hui : présence, exclusion, émancipation, mémoire

La présence juive en Suisse est ancienne, discontinue et longtemps contrainte. Elle compte des communautés médiévales détruites, deux villages argoviens seuls autorisés pendant près d’un siècle, une émancipation tardive, une initiative populaire contre l’abattage rituel, le premier Congrès sioniste et une politique d’asile dont le pays a dû faire l’histoire. Ce module rassemble ce dossier, que le module Histoire du peuple juif évoque en encadré.

1. Le Moyen Âge : présence et destruction

Les premières communautés. Des juifs sont attestés à Bâle à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle, puis à Zurich, Berne, Schaffhouse, Saint-Gall, Lucerne, Fribourg et dans d’autres villes. Leur statut est celui de l’Empire : protégés du souverain ou de la ville contre redevance, souvent actifs dans le crédit. Le cimetière juif médiéval de Bâle a été retrouvé lors des travaux du Kollegienhaus de l’université, dans les années 1930.

Un savant zurichois. Moïse ben Menahem, à Zurich au XIVe siècle, a composé des gloses au Sefer Mitsvot Qatan, connues sous le nom de Semaq de Zurich. C’est l’une des rares œuvres rabbiniques médiévales rédigées sur le territoire suisse actuel.

Berne, 1294. Une accusation de meurtre rituel, liée à la mort d’un garçon nommé Rudolf, entraîne l’expulsion des juifs de Berne. Le prétendu martyr a fait l’objet d’un culte local pendant des siècles.

La peste noire. En septembre 1348, des juifs arrêtés à Chillon et dans d’autres localités savoyardes du Léman avouent sous la torture avoir empoisonné des puits. Les procès-verbaux de ces « aveux » sont envoyés à Berne, à Strasbourg et dans d’autres villes. En janvier 1349, les juifs de Bâle sont brûlés sur une île du Rhin ; ceux de Zurich sont exterminés en février. D’autres communautés sont détruites dans la même vague.

Retours et expulsions. Des juifs se réinstallent dans plusieurs villes dans la seconde moitié du XIVe siècle, puis en sont chassés au cours du XVe siècle. À Genève, les juifs sont confinés à partir de 1428 dans un quartier fermé, le « cancel », puis expulsés en 1490-1491. À la fin du Moyen Âge, la présence juive a presque disparu du territoire de la Confédération.

2. Endingen et Lengnau (1776-1866)

Le comté de Baden. Des familles juives s’établissent aux XVIe et XVIIe siècles dans le comté de Baden, bailliage commun de plusieurs cantons, avec des lettres de protection (Schutzbriefe) renouvelables contre paiement. En 1776, la Diète restreint leur résidence à deux villages de la vallée de la Surb : Endingen et Lengnau. Jusqu’en 1866, ce sont les seuls lieux de la Confédération où des juifs peuvent vivre durablement.

Les conditions. Les juifs du Surbtal ne peuvent acquérir de terres ni exercer la plupart des métiers. Ils vivent du colportage, du commerce du bétail et du crédit. Plusieurs maisons des deux villages ont une double porte, et la tradition locale explique qu’une entrée servait aux familles juives, l’autre aux familles chrétiennes qui partageaient le bâtiment. Les deux communautés partagent un cimetière, créé en 1750 entre les deux villages ; auparavant, les morts étaient enterrés sur une île du Rhin, le Judenäule, près de Coblence.

Les synagogues. Les synagogues actuelles de Lengnau (1847) et d’Endingen (1852) ont remplacé des bâtiments du XVIIIe siècle. Celle d’Endingen porte une horloge, et la tradition locale rapporte que le village, longtemps sans église propre, se réglait sur elle. Un parcours culturel juif relie aujourd’hui les deux villages.

La langue. Les juifs du Surbtal parlaient un yiddish occidental propre, étudié par Florence Guggenheim-Grünberg au milieu du XXe siècle, alors qu’il avait presque disparu.

3. L’émancipation, lente et disputée

La République helvétique. En 1798, le Grand Conseil de la République helvétique débat de la citoyenneté des juifs et la refuse, tout en supprimant certaines taxes spéciales. L’Acte de médiation (1803) rend la question aux cantons.

Carouge. Sous le royaume de Sardaigne, la ville nouvelle de Carouge accueille des juifs dans les années 1780, et une communauté s’y forme avec son cimetière. Rattachée à Genève en 1816, elle devient le noyau de la communauté genevoise, qui inaugure sa synagogue en 1859.

La Constitution de 1848. Elle garantit la liberté d’établissement aux seuls citoyens suisses de confession chrétienne. Les juifs, même suisses, en sont exclus.

La révision de 1866. La France, puis les Pays-Bas et d’autres États, exigent dans des traités de commerce que leurs ressortissants juifs puissent s’établir en Suisse. Il devient intenable de refuser aux juifs suisses ce que l’on accorde aux juifs étrangers. La révision partielle du 14 janvier 1866, acceptée par le peuple et les cantons, accorde la liberté d’établissement aux juifs. La Constitution révisée de 1874 garantit la liberté de conscience et de culte.

Argovie. Le canton, où vivaient les deux communautés, accorde les droits de citoyenneté aux juifs en 1862. Une révolte populaire, le « Mannli-Sturm », fait annuler la loi. Ce n’est qu’en 1879 que les communautés d’Endingen et de Lengnau obtiennent leur pleine intégration communale. Entre-temps, la plupart des familles ont quitté les villages pour les villes : Baden, Zurich, Bâle.

L’abattage rituel. Le 20 août 1893, le peuple accepte une initiative populaire qui interdit l’abattage des animaux sans étourdissement préalable. C’est la première initiative populaire fédérale acceptée de l’histoire suisse. L’argument de la protection des animaux s’y mêlait d’une hostilité aux juifs, que les débats de l’époque montrent clairement. L’interdiction a été reprise dans la législation sur la protection des animaux ; la viande cachère est depuis importée.

4. Communautés et institutions (1866-1933)

La croissance. La population juive de Suisse passe de quelques milliers au milieu du XIXe siècle à environ 20'000 en 1920. Les communautés se forment à Zurich, Bâle, Genève, Berne, Lausanne, La Chaux-de-Fonds, Saint-Gall, Lucerne, Fribourg. Les juifs venus d’Alsace, établis notamment dans l’horlogerie jurassienne et neuchâteloise, et les immigrés d’Europe orientale, plus pauvres et plus religieux, s’installent surtout à Zurich.

La Fédération. La Fédération suisse des communautés israélites (Schweizerischer Israelitischer Gemeindebund, SIG) est fondée en 1904. Elle représente la plupart des communautés auprès des autorités.

Les orthodoxies. À Zurich, deux communautés orthodoxes se séparent de la communauté unitaire (ICZ) : l’Israelitische Religionsgesellschaft (1895) et Agudas Achim (1927), d’origine est-européenne. Le modèle de la « séparation », hérité de Samson Raphael Hirsch à Francfort, se retrouve ainsi en Suisse.

Bâle et le sionisme. Le premier Congrès sioniste se réunit au casino de Bâle du 29 au 31 août 1897. Herzl écrit dans son journal : « À Bâle, j’ai fondé l’État juif ». Bâle accueille ensuite plusieurs autres congrès. Le Musée juif de Suisse, ouvert à Bâle en 1966, est le premier musée juif créé dans l’espace germanophone après la guerre.

5. Les années 1933-1945

Le procès de Berne. En 1933, les communautés juives portent plainte contre des frontistes qui diffusent les Protocoles des Sages de Sion. Le jugement du tribunal de district de Berne, le 14 mai 1935, déclare les Protocoles falsifiés et les qualifie de littérature immorale. Il est annulé en 1937 en appel, pour une raison de droit, sans que l’établissement du faux soit remis en cause. Le procès a eu un retentissement international.

Le tampon « J ». En 1938, après l’annexion de l’Autriche, les autorités suisses, par la voix du chef de la police des étrangers Heinrich Rothmund, demandent à l’Allemagne de distinguer les passeports de ses ressortissants juifs. Un accord conclu à l’automne 1938 introduit le tampon « J ».

La fermeture de la frontière. Le 13 août 1942, au moment où les déportations commencent en France et en Belgique, la Suisse ordonne de refouler les réfugiés « pour motifs raciaux », qui ne sont pas considérés comme réfugiés politiques. La mesure est assouplie après les protestations, puis appliquée de manière variable selon les cantons et les périodes. Le conseiller fédéral Eduard von Steiger aurait employé l’image de la « barque pleine ». L’expression, prononcée publiquement le 30 août 1942 et reprise par l’historiographie, est devenue le symbole de cette politique.

Ceux qui ont désobéi. Paul Grüninger, commandant de la police saint-galloise, a fait entrer illégalement plusieurs centaines de réfugiés juifs en 1938-1939, en antidatant leurs documents. Il a été révoqué et condamné, puis réhabilité en 1995 ; Yad Vashem l’a reconnu Juste parmi les nations en 1971. Carl Lutz, vice-consul suisse à Budapest, a protégé des dizaines de milliers de juifs hongrois en 1944 par des lettres de protection ; il a été reconnu Juste en 1964.

Les chiffres. La Commission indépendante d’experts Suisse – Seconde Guerre mondiale, présidée par Jean-François Bergier, a établi dans son rapport sur les réfugiés (1999) et dans son rapport final (2002) les données disponibles. Les refoulements enregistrés dépassent vingt mille, et des milliers d’autres n’ont pas été enregistrés. La Suisse a en même temps accueilli quelque vingt et un mille réfugiés juifs pendant la guerre. Le rapport Ludwig (1957) avait déjà exposé la politique d’asile ; il a été peu discuté pendant des décennies.

6. Après la guerre : mémoire et reconnaissance

Seelisberg. La conférence de Seelisberg (1947) adopte les dix points qui ouvrent la révision de l’enseignement chrétien sur les juifs (voir Rencontres et polémiques).

Les fonds en déshérence. À partir de 1995, la question des avoirs de victimes de la Shoah restés dans les banques suisses provoque une crise internationale. Elle aboutit à la création de la Commission Bergier (1996), à l’enquête de la commission Volcker sur les comptes, et à un accord global conclu en août 1998 entre les grandes banques suisses et les plaignants, pour 1,25 milliard de dollars.

La reconnaissance cantonale. Les relations entre les communautés religieuses et l’État relèvent des cantons. Plusieurs communautés juives ont obtenu une reconnaissance de droit public, notamment à Bâle-Ville (1972) et à Zurich, où la Constitution cantonale de 2005 a ouvert la voie à la reconnaissance de la communauté unitaire et de la communauté libérale. Les communautés orthodoxes, par choix, ne l’ont en général pas demandée.

Aujourd’hui. La population juive est estimée à environ 18'000 personnes, soit environ 0,2 % de la population. Les principales communautés sont à Zurich, Genève, Bâle et Lausanne.

La mahloket

Une minorité doit-elle s’organiser comme une Église ?

Le droit suisse offre aux communautés religieuses une reconnaissance de droit public calquée sur le modèle des Églises cantonales : statut, finances, contrôle démocratique. Certaines communautés juives l’ont demandée, d’autres l’ont refusée. La question posée aux sept voix : ce modèle convient-il à une communauté juive ?

Le Beit Midrash classique

La tradition connaît la communauté autonome, le qahal, qui lève ses taxes, entretient ses institutions et juge ses membres selon la halakha, dans le cadre de la loi du pays : « la loi du royaume est la loi » (b. Nedarim 28a). Une reconnaissance publique n’est pas contraire à la tradition si elle ne soumet pas la halakha à un vote. La question est de savoir qui décide de la cacherout, du mariage, de la conversion : le rabbin ou l’assemblée.

Orthodoxie moderne

La communauté unitaire, ouverte à tous les juifs et dirigée selon la halakha par un rabbin orthodoxe, est le modèle de Zurich, de Bâle et de Genève. La reconnaissance cantonale la renforce, en lui donnant une place publique et une stabilité. Elle suppose une gouvernance démocratique, que la communauté pratique depuis longtemps, et elle laisse au rabbinat l’autorité religieuse.

Monde haredi et litvak

La communauté séparée, sur le modèle de Hirsch à Francfort, est la seule garantie que les décisions religieuses ne seront pas prises par une majorité qui n’observe pas la Torah. Les communautés orthodoxes de Zurich n’ont pas demandé la reconnaissance publique : elles préfèrent leur indépendance, financée par leurs membres, à une égalité qui les obligerait à des règles démocratiques sur des questions de Torah.

Hassidisme

Les communautés hassidiques vivent autour de leur rabbi, dont l’autorité ne dépend d’aucune assemblée. Elles sont peu présentes en Suisse, mais la question reste la même : une communauté se forme autour d’un maître et d’une étude, non autour d’un statut. Le droit public peut être utile pour les cimetières et les écoles ; il ne dit rien de ce qui fait vivre une communauté.

Massorti

Le modèle suisse de la reconnaissance publique a un avantage : il oblige l’État à reconnaître la pluralité juive. À Zurich, la communauté libérale a été reconnue à côté de la communauté unitaire. Le mouvement massorti, peu implanté en Suisse, y verrait la possibilité de faire reconnaître une troisième voie. La reconnaissance protège la diversité, à condition qu’elle ne soit pas réservée à une seule communauté.

Réformé et libéral

La communauté libérale a demandé et obtenu la reconnaissance à Zurich, parce qu’elle y voyait une égalité de droit avec la communauté unitaire. Le modèle démocratique de la reconnaissance correspond à ses propres principes : égalité des membres, participation des femmes, décisions prises par l’assemblée. Il est cohérent qu’une communauté libérale s’organise comme une Église réformée, dont elle partage une partie de la culture politique.

Monde séfarade et mizrahi

La synagogue séfarade de Genève, Hekhal Haness, est née de l’arrivée de juifs d’Afrique du Nord et d’Égypte qui n’avaient pas l’habitude du modèle germanique de la communauté unitaire. Le monde séfarade s’organise autour de la synagogue et de la famille plus qu’autour d’un statut. Il s’intègre dans les structures existantes quand elles respectent son rite, et il crée ses propres lieux quand elles ne le font pas.

Où en est la discussion

Trois modèles coexistent en Suisse. La communauté unitaire reconnue, défendue par l’orthodoxie moderne, qui distingue la gouvernance démocratique et l’autorité rabbinique. La communauté séparée et non reconnue, choisie par les orthodoxies strictes, qui préfèrent l’indépendance. La communauté libérale reconnue, qui trouve dans le modèle démocratique l’expression de ses propres principes. La voix classique accepte la reconnaissance si elle ne soumet pas la halakha au vote. La voix massorti y voit une protection de la pluralité. Le hassidisme et la voix séfarade rappellent qu’une communauté se forme autour d’un maître ou d’un rite avant de se donner un statut. Justin reconnaît dans ces choix ceux des Églises suisses elles-mêmes.

Hypothèses de travail — mémoire et thèse

Six pistes formulées de manière falsifiable. L’histoire des juifs en Suisse est riche en archives cantonales et fédérales, et une grande partie de ces sources reste peu exploitée en français.

H1. Le « Mannli-Sturm » de 1862

  • Master
  • Histoire suisse
  • 12-18 mois

Hypothèse. L’opposition argovienne à l’émancipation de 1862 mobilise principalement des arguments économiques — concurrence dans le commerce du bétail et le crédit — plutôt que religieux, et sa géographie correspond aux zones d’activité des marchands juifs du Surbtal.

État de la question
L’épisode est connu ; sa géographie et son argumentaire n’ont pas été analysés systématiquement.
Corpus
Pétitions et résultats de votes argoviens (1862-1863) ; presse cantonale ; archives d’État d’Argovie.
Méthode
Cartographier le vote et classer les arguments des pétitions.

Ce qui la réfuterait : Une opposition sans corrélation avec les zones de commerce.

H2. L’initiative de 1893 et l’antisémitisme

  • Doctorat
  • Histoire politique
  • 3-4 ans

Hypothèse. La campagne de l’initiative de 1893 sur l’abattage mobilise un argumentaire antisémite dont l’intensité varie selon les régions linguistiques, et le résultat du vote est corrélé à cette intensité.

État de la question
Le caractère ambivalent de l’initiative est admis ; la corrélation régionale n’a pas été mesurée.
Corpus
Résultats du vote par canton ; presse de la campagne en allemand et en français ; sociétés protectrices des animaux.
Méthode
Coder la presse par région et comparer aux résultats.

Ce qui la réfuterait : Une intensité antisémite uniforme ou sans lien avec le vote.

H3. Les aveux de Chillon et leur circulation

  • Master
  • Histoire médiévale
  • 12-18 mois

Hypothèse. Les procès-verbaux savoyards de 1348 ont été transmis par Berne aux villes rhénanes, et les dates de réception précèdent les massacres dans chaque ville où elles sont connues.

État de la question
La transmission est attestée par la correspondance strasbourgeoise ; la chronologie comparée n’a pas été établie.
Corpus
Procès-verbaux de Chillon et de Châtel ; Urkundenbuch der Stadt Strassburg ; chroniques bâloises et zurichoises.
Méthode
Établir la chronologie de réception et la comparer aux dates des massacres.

Ce qui la réfuterait : Des massacres antérieurs à la réception des aveux.

H4. Grüninger et les registres d’entrée

  • Master
  • Histoire contemporaine
  • 12-18 mois

Hypothèse. Le nombre de réfugiés entrés par l’action de Paul Grüninger peut être établi à partir des registres de police saint-gallois, et il se situe dans une fourchette plus étroite que les estimations publiées.

État de la question
Stefan Keller a reconstitué l’affaire ; les estimations varient.
Corpus
Archives d’État de Saint-Gall ; dossier du procès ; registres des camps de Diepoldsau.
Méthode
Recenser nominativement les entrées antidatées.

Ce qui la réfuterait : Des registres trop lacunaires pour réduire la fourchette.

H5. Le jugement de Berne de 1935

  • Master
  • Histoire du droit
  • 12-18 mois

Hypothèse. Le jugement bernois sur les Protocoles a été cité dans la presse internationale comme établissement judiciaire du faux, et cette réception n’a pas été affectée par son annulation de 1937.

État de la question
Le procès est bien étudié (Hagemeister) ; sa réception dans la presse étrangère l’est moins.
Corpus
Actes du procès ; presse suisse, française, britannique et américaine de 1935 à 1939.
Méthode
Relever les mentions du jugement et de son annulation.

Ce qui la réfuterait : Une réception qui intègre l’annulation comme remise en cause du faux.

H6. Le yiddish du Surbtal

  • Doctorat
  • Linguistique
  • 4-5 ans

Hypothèse. Le yiddish d’Endingen et de Lengnau conserve des traits du yiddish occidental médiéval absents des parlers alsaciens voisins, ce qui suggère une continuité propre depuis l’installation des familles.

État de la question
Florence Guggenheim-Grünberg a recueilli les derniers locuteurs ; la comparaison systématique avec l’alsacien reste à faire.
Corpus
Enregistrements et relevés de Guggenheim-Grünberg ; Language and Culture Atlas of Ashkenazic Jewry ; sources écrites du Surbtal.
Méthode
Comparer des traits phonologiques et lexicaux définis.

Ce qui la réfuterait : Une identité des traits avec les parlers alsaciens.

Bibliographie sélective

Synthèses et études

  • Commission indépendante d’experts Suisse – Seconde Guerre mondiale. La Suisse et les réfugiés à l’époque du national-socialisme. Berne, 1999 ; Rapport final. Zurich : Pendo, 2002.
  • Guggenheim-Grünberg, Florence. Die Sprache der Schweizer Juden von Endingen und Lengnau. Zurich : Juris, 1950.
  • Hagemeister, Michael. Die « Protokolle der Weisen von Zion » vor Gericht: Der Berner Prozess 1933-1937. Zurich : Chronos, 2017.
  • Keller, Stefan. Grüningers Fall. Zurich : Rotpunktverlag, 1993.
  • Kupper, Patrick, et Philipp von Cranach, dir. Juden in der Schweiz. Zurich : Chronos, 2006.
  • Ludwig, Carl. La politique pratiquée par la Suisse à l’égard des réfugiés au cours des années 1933 à 1955. Berne, 1957.
  • Picard, Jacques. Die Schweiz und die Juden 1933-1945. Zurich : Chronos, 1994.

Voir aussi