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Tanakh — Neviim Rishonim

Melakhim

Quarante rois, une grille de jugement, et les sources qui la contredisent

Quatre siècles d’histoire, deux royaumes, une grille de jugement appliquée à quarante rois, et une conclusion : la destruction du Temple et l’exil. Melakhim est le seul livre biblique dont on peut confronter presque chaque règne à des sources extérieures — stèles araméennes et moabites, annales assyriennes, chroniques babyloniennes. C’est aussi le livre qui pose le plus nettement la question de son propre genre : une histoire qui juge est-elle encore une histoire ?

1. Le livre

Un seul livre. מְלָכִים, Melakhim, forme un livre unique dans la tradition hébraïque. La Septante le joint à Samuel sous le titre des quatre livres des « Règnes », et la division en deux n’entre dans les Bibles hébraïques imprimées qu’avec les éditions de Bomberg (1516-1517), comme pour Samuel.

L’auteur selon la tradition. b. Baba Batra 15a l’attribue à Jérémie, ce qui s’accorde avec la fin du livre, contemporaine du prophète, et avec la parenté de langue entre les deux ouvrages.

La structure. Quarante-sept chapitres en trois ensembles.

Les sources citées. Le livre renvoie à trois ouvrages perdus : le « livre des actes de Salomon », les « annales des rois d’Israël » et les « annales des rois de Juda », invoquées plus de trente fois. L’auteur travaille sur des archives et le dit.

La grille de jugement Chaque règne reçoit une notice normalisée : synchronisme avec le royaume voisin, durée, nom de la reine mère pour Juda, jugement, renvoi aux annales, mort et succession. Le jugement suit un critère unique et cultuel : tous les rois du nord « font le mal » et ne se détournent pas des péchés de Jéroboam ; les rois de Juda sont jugés sur les hauts lieux, et deux seulement — Ézéchias et Josias — reçoivent un éloge sans réserve. La grille ne juge ni la prospérité, ni la justice sociale, ni la réussite militaire. Omri, que les Assyriens tiennent pour assez important pour appeler Israël « maison d’Omri » pendant un siècle, reçoit six versets.

Passages principaux

Les passages de Melakhim qui font l’objet d’un sous-module transversal, avec les autres livres où ils reviennent. Voir l’index des passages.

2. Le texte

Un texte grec très différent. La Septante des Règnes présente des divergences considérables, surtout dans les chapitres consacrés à Salomon et à Jéroboam.

Une partie du livre appartient en outre à la recension καίγε, ce qui complique la comparaison. La discussion porte sur le point de savoir si la Septante témoigne d’une autre édition hébraïque ou d’un remaniement grec ; les deux positions gardent des partisans.

Qumrân n’a livré que des fragments (4QKgs, 5QKgs), trop courts pour trancher.

3. Le dossier historico-critique

La double rédaction. Frank Moore Cross a proposé de distinguer une première édition composée sous Josias, qui culmine dans la réforme de 2 R 22-23, et une seconde, exilique, qui ajoute la fin et réinterprète la catastrophe. L’école de Göttingen préfère plusieurs couches exiliques successives. Le modèle de Cross reste le plus employé pour Melakhim, parce que l’éloge de Josias est difficile à comprendre après 586.

Les points d’ancrage extérieurs. Aucun autre livre biblique n’en offre autant.

SourceDateCe qu’elle atteste
Stèle de Méshavers 840Omri et la domination israélite sur Moab ; la révolte moabite, que 2 R 3 raconte autrement
Stèle de Tel DanIXe s.Un roi araméen se vante d’avoir tué un roi d’Israël et un roi de la « maison de David »
Obélisque noir de Salmanasar III841Jéhu, « fils d’Omri », prosterné devant le roi d’Assyrie : la seule image contemporaine d’un roi d’Israël
Annales de Sargon II722-720La prise de Samarie et la déportation
Prisme de Sennachérib701Ézéchias « enfermé comme un oiseau en cage » dans Jérusalem, la ville n’étant pas prise
Inscription du tunnel de Siloévers 700Les travaux hydrauliques de 2 R 20,20
Chronique babylonienne597La première prise de Jérusalem, à la date précise
Tablettes de rations de BabyloneVIe s.Yehoyakhin et ses fils entretenus à la cour, ce que confirme la fin du livre

La chronologie. Les synchronismes entre les deux royaumes sont partiellement incohérents. Les solutions supposent des corégences, des systèmes de comptage différents — année d’accession ou non — et des calendriers décalés. Le système d’Edwin Thiele reste la référence discutée.

Melakhim et les Chroniques. Les mêmes règnes sont racontés deux fois. Les Chroniques omettent le royaume du nord, développent le culte et le Temple, et ajoutent des épisodes absents ici, dont la repentance de Manassé (2 Ch 33). La comparaison des deux livres est l’un des exercices classiques de l’exégèse (voir le module Divrei ha-Yamim, à venir).

4. La lecture

PassageOccasion
1 R 1,1-31Paracha Hayyé Sara : la vieillesse de David répond à celle d’Abraham
1 R 3,15-4,1Paracha Miqets : le jugement de Salomon répond aux songes de Joseph
1 R 5,26-6,13Paracha Terouma : la construction du Temple répond à celle du sanctuaire
1 R 7,40-50Paracha Vayaqhel
1 R 8,2-21Premier jour de Souccot : la dédicace du Temple a eu lieu à cette fête
1 R 18,1-39Paracha Ki Tissa : le Carmel répond au veau d’or
2 R 4,1-37Paracha Vayera : la Chounamite répond à l’annonce faite à Sara
2 R 7,3-20Paracha Metsora : les quatre lépreux devant Samarie

Élie dans la liturgie. Le prophète qui ne meurt pas (2 R 2) est présent dans plusieurs rites : la coupe d’Élie au seder, le siège d’Élie à la circoncision, les chants de la sortie du chabbat, et l’attente qu’il vienne résoudre les questions restées ouvertes — d’où la formule talmudique teiqou, que la tradition lit comme l’annonce que le Tishbite tranchera.

5. Le targum

Le targum Jonathan déploie ici sa manière habituelle : les prophètes deviennent des maîtres, les hauts lieux sont dits « autels de l’erreur », et les passages où Dieu paraît changer d’avis sont reformulés. Sa traduction de 1 R 19, la théophanie de l’Horeb, rend la « voix de fin silence » par une expression qui insiste sur la louange silencieuse, et il en va de même des visions royales. Le targum est aussi une source géographique : il identifie de nombreuses villes par leurs noms d’époque romaine.

6. La parshanut

Radak commente Melakhim avec un souci constant de la vraisemblance historique et de la géographie. Ralbag tire de chaque règne des leçons politiques et médicales. Abravanel, qui a servi des rois, écrit sur ce livre son commentaire le plus personnel : il compare les régimes, juge la conduite des souverains et discute la légitimité du schisme de Jéroboam. Malbim s’attache aux différences entre passages parallèles.

Un désaccord classique. Salomon a-t-il fauté ? Le texte dit que ses femmes détournèrent son cœur (1 R 11,4). Le Talmud rapporte l’opinion de R. Yossé selon laquelle « quiconque dit que Salomon a péché se trompe » : il n’aurait pas servi les idoles, mais il n’aurait pas empêché ses femmes de le faire, ce que l’Écriture lui impute (b. Chabbat 56b). La même page contient la série des rois et des personnages qu’elle disculpe. Abravanel, ici comme pour David, refuse la disculpation.

7. Midrash et halakha

L’onction des rois. On n’oint pas tout roi : l’onction est réservée aux fondateurs de dynastie et aux cas de succession contestée, ce que le Talmud déduit de l’onction de Salomon en présence d’Adonias (b. Horayot 11b-12a).

La règle d’urgence. Élie sacrifie au Carmel hors du Temple, ce que la Torah interdit. La halakha en tire la catégorie de la hora’at chaa : un prophète peut ordonner de transgresser temporairement un commandement, sauf l’idolâtrie, pour ramener le peuple (b. Yevamot 90b). Le Carmel est le cas d’école de cette catégorie.

Le Temple et sa sainteté. La dédicace de 1 R 8 fournit à la halakha les règles de la prière tournée vers Jérusalem (8,44-48), reprises dans le Choulhan Aroukh pour l’orientation de la prière et des synagogues.

Les dix tribus reviendront-elles ? La Mishna rapporte un désaccord : pour R. Akiva, les dix tribus déportées ne reviendront pas ; pour R. Éliézer, elles reviendront (m. Sanhédrin 10,3). La question a nourri une abondante littérature sur les tribus perdues.

Manassé. Le même chapitre de la Mishna discute de sa part au monde à venir ; le Talmud rapporte qu’il se repentit (b. Sanhédrin 102b-103a), ce que raconte 2 Ch 33 et que Melakhim ignore.

8. Réception chrétienne et sa critique

ÉlémentLecture chrétienneLecture juiveEffets et état du dossier
ÉlieFigure de Jean-Baptiste (Mt 17,10-13, d’après Ml 3,23) et modèle de l’ascensionLe prophète qui n’est pas mort, annoncé pour la fin, présent à la circoncision et au sederLes deux traditions attendent Élie ; la lecture chrétienne le tient pour déjà venu. Le désaccord est l’un des plus anciens et il figure dans les disputes
Le Temple de SalomonFigure de l’Église et du corps du Christ ; sa destruction lue comme preuve du rejetMaison de la présence, dont la reconstruction est demandée trois fois par jourL’argument de la destruction comme preuve a été employé de Justin aux disputes médiévales ; il ignore que la tradition juive avait reconstruit sa pratique sans Temple
La grille de jugementReprise pour lire l’exil comme châtiment, puis étendue à 70 et à la dispersionLe châtiment est celui de l’alliance et il appelle le retour, non le remplacementLe glissement d’un jugement interne à un verdict sur le peuple est le point critique. Le module Rencontres et polémiques l’expose

La mahloket

Une histoire qui juge peut-elle être une histoire ?

Melakhim raconte quatre siècles en jugeant chaque règne sur un seul critère, cultuel. Il ignore ce que les annales assyriennes jugent important, et développe des récits de prophètes que nulle chronique ne connaît. La question posée aux sept voix : ce livre est-il une histoire, une prédication, ou les deux ?

Le Beit Midrash classique

La tradition le range parmi les Prophètes, non parmi les Écrits : c’est sa réponse. Le livre est une prophétie sur le passé, qui enseigne pourquoi la maison a été détruite. Le Talmud dit que Jérémie l’a écrit, et l’on comprend pourquoi : le livre et le prophète disent la même chose. Les rois y sont jugés selon la Torah, parce que c’est la seule mesure qui vaille pour Israël.

Orthodoxie moderne

Les deux lectures ne s’excluent pas. Le livre cite ses sources — les annales des rois — et il juge ce qu’il rapporte. L’orthodoxie moderne, notamment dans l’enseignement du Tanakh en Israël, lit Melakhim avec les données archéologiques et épigraphiques, et considère que la confrontation enrichit la lecture. Que la stèle de Mésha raconte la révolte moabite autrement que 2 R 3 n’est pas un scandale : chaque roi écrit sa version, et le texte biblique dit explicitement la sienne.

Monde haredi et litvak

Le livre est Torah, au sens large : il enseigne. On l’étudie pour les leçons et pour la halakha qu’on en tire — l’onction des rois, la règle d’urgence d’Élie, l’orientation de la prière. Les pierres et les tablettes des rois païens n’ajoutent rien à ce qui est écrit, et on ne fonde pas l’étude sur elles. Ce qui importe est la chaîne de la transmission, non la confirmation des nations.

Hassidisme

Élie ne meurt pas : il monte dans un tourbillon et reste présent. Le hassidisme lit Melakhim moins comme une chronique que comme le récit d’une présence qui traverse les générations — Élie au Carmel, Élie à l’Horeb, Élie à chaque circoncision, Élie qui viendra. L’histoire des rois passe ; le prophète demeure. Ce que le livre enseigne, c’est où se tient la continuité.

Massorti

Melakhim est une historiographie, au sens que les historiens donnent à ce mot pour l’Antiquité : une mise en récit ordonnée par une thèse. Les annales assyriennes le sont aussi, et elles mentent davantage — Sennachérib se garde de dire qu’il n’a pas pris Jérusalem. La question n’est donc pas « histoire ou prédication », mais « quelle thèse, et quelles sources ». Melakhim a l’honnêteté de citer les siennes et de dire qu’on peut aller les consulter.

Réformé et libéral

Le livre est une théologie de l’histoire, et elle est discutable. Sa grille impute les catastrophes aux fautes cultuelles, et cette logique a été appliquée ensuite aux malheurs du peuple juif, y compris par des juifs. Le mouvement réformé tient qu’il faut recevoir le livre comme un document de son temps et refuser la conséquence : la souffrance n’est pas la preuve d’une faute. Le livre de Job dit d’ailleurs le contraire.

Monde séfarade et mizrahi

Abravanel a lu ce livre comme un homme d’État lisant des archives. Il compare les règnes, discute les fautes politiques, et n’hésite pas à juger l’auteur lui-même quand un récit lui paraît incomplet. Sa méthode — poser d’abord les questions, puis répondre — traite le texte comme un dossier. Le monde séfarade a ainsi pratiqué, dès le XVe siècle, une lecture historienne sans quitter la tradition.

Où en est la discussion

Aucune voix ne choisit entre histoire et prédication. La voix classique et la voix haredi rappellent que la tradition range le livre parmi les Prophètes et qu’il enseigne. L’orthodoxie moderne et la voix séfarade, avec Abravanel, pratiquent une lecture historienne assumée. La voix massorti décrit une historiographie à thèse, qui cite ses sources, et compare aux annales assyriennes. La voix réformée accepte le document et refuse sa logique rétributive. Le hassidisme déplace la question vers la continuité prophétique. Justin note que la difficulté ne vient pas du jugement, mais de l’autorité qu’on lui prête.

Hypothèses de travail — mémoire et thèse

Cinq pistes formulées de manière falsifiable. Melakhim est le livre biblique le mieux pourvu en points de contrôle extérieurs.

H1. Le récit alternatif de Jéroboam

  • Doctorat
  • Septante
  • 4-5 ans

Hypothèse. Le récit de 3 Règnes 12,24a-z traduit une source hébraïque indépendante et non une composition grecque tardive, et son vocabulaire porte les marques d’une traduction.

État de la question
Les deux positions sont défendues ; la question est liée à celle de l’édition hébraïque sous-jacente.
Corpus
3 Règnes 11-12 ; 1 R 11-14 massorétique ; miscellanées de 3 Règnes 2 ; textes καίγε.
Méthode
Analyse des hébraïsmes et des techniques de traduction.

Ce qui la réfuterait : Un grec sans hébraïsmes, compatible avec une composition originale.

H2. La grille de jugement et la réforme de Josias

  • Doctorat
  • Exégèse
  • 4-5 ans

Hypothèse. Les formules de jugement appliquées aux rois de Juda supposent la centralisation du culte prescrite en Dt 12 et ne peuvent donc pas être antérieures à la fin du VIIIe siècle.

État de la question
La thèse est majoritaire depuis Cross ; des auteurs la contestent en plaçant la centralisation plus tôt.
Corpus
Notices royales de 1 R 15 à 2 R 21 ; Dt 12 ; 2 R 18 et 22-23 ; archéologie de Lakish et d’Arad.
Méthode
Corréler la terminologie des notices avec les indices archéologiques de centralisation.

Ce qui la réfuterait : Des formules attestées dans des couches assurément plus anciennes.

H3. Le tunnel de Siloé et 2 R 20,20

  • Master
  • Épigraphie / archéologie
  • 12-18 mois

Hypothèse. L’inscription du tunnel de Siloé, par sa langue et son silence sur le roi, provient d’un milieu d’ingénieurs et non de la chancellerie royale, ce qui explique qu’elle ne mentionne pas Ézéchias.

État de la question
La datation paléographique est établie ; le milieu de production est discuté.
Corpus
Inscription de Siloé ; ostraca de Lakish et d’Arad ; inscriptions royales ouest-sémitiques.
Méthode
Comparer la langue et les formules avec les deux types de corpus.

Ce qui la réfuterait : Des formules de chancellerie dans l’inscription.

H4. Le Carmel comme précédent halakhique

  • Master
  • Halakha
  • 12-18 mois

Hypothèse. La catégorie de la hora’at chaa est construite par les amoraïm à partir du Carmel, et les sources tannaïtiques ne l’emploient pas encore comme fondement.

État de la question
Le passage de b. Yevamot 90b est connu ; la genèse de la catégorie n’a pas été retracée.
Corpus
b. Yevamot 90a-b ; Sifré Devarim 175 ; Maïmonide, Hilkhot Yessodé ha-Torah 9 ; responsa médiévales.
Méthode
Recenser les emplois de la catégorie et dater ses attestations.

Ce qui la réfuterait : Un emploi tannaïtique de la catégorie fondé sur un autre précédent.

H5. Melakhim et Divrei ha-Yamim sur Manassé

  • Master
  • Exégèse comparée
  • 12-18 mois

Hypothèse. L’ajout chroniste de la repentance de Manassé répond à une difficulté créée par Melakhim — un règne long attribué au pire des rois — et il suit une logique de rétribution immédiate observable dans tout le livre des Chroniques.

État de la question
La logique rétributive du Chroniste est admise ; l’analyse de ce cas précis mérite une synthèse.
Corpus
2 R 21 ; 2 Ch 33 ; Prière de Manassé ; b. Sanhédrin 102b-103a.
Méthode
Comparer les deux récits et les situer dans la série des corrections chronistes.

Ce qui la réfuterait : Un cas de règne long attribué à un roi impie sans correction chroniste.

Bibliographie sélective

Commentaires

  • Cogan, Mordechai, et Hayim Tadmor. II Kings. AB 11. Garden City : Doubleday, 1988.
  • Fritz, Volkmar. 1 & 2 Kings. Continental Commentaries. Minneapolis : Fortress, 2003.
  • Römer, Thomas. La première histoire d’Israël : l’École deutéronomiste à l’œuvre. Genève : Labor et Fides, 2007.

Études

  • Cross, Frank Moore. Canaanite Myth and Hebrew Epic. Cambridge (Mass.) : Harvard University Press, 1973.
  • Finkelstein, Israel, et Neil Asher Silberman. La Bible dévoilée. Paris : Bayard, 2002.
  • Grabbe, Lester L., dir. Good Kings and Bad Kings. LHBOTS 393. Londres : T&T Clark, 2005.
  • Thiele, Edwin R. The Mysterious Numbers of the Hebrew Kings. 3e éd. Grand Rapids : Zondervan, 1983.
  • Tov, Emanuel. Textual Criticism of the Hebrew Bible. 3e éd. Minneapolis : Fortress, 2012.

Voir aussi